Une dizaine d’associations de protection de la biodiversité ont sévèrement jugé l’application du Plan Biodiversité, qu’elles estiment « insuffisante », dans un point d’étape réalisée à l’occasion du premier anniversaire de ce plan élaboré par l’ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot.
Le jugement est sévère : « 80 % des actions du Plan biodiversité » ne sont « pas menées d’une façon satisfaisante » selon douze d’associations de protection de la biodiversité (dont WWF, la LPO et FNE), présentées le 2 juillet. Elles déplorent également « l’absence de consultation de la part du gouvernement » pour appliquer les 90 mesures de ce plan, présenté en juillet 2018, par l’ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot. Les organisations regrettent notamment l’absence de mesures relatives à la protection des zones humides. Le Plan Biodiversité prévoyait en effet de « renforcer le cadre d’action » pour la préservation de ces milieux. Pour le moment, seule une mission parlementaire a été rendue. Une loi est attendue, mais doit « être portée politiquement », insistent les ONG.
« Aucun plan d’action »
Le manque d’action du gouvernement est également pointé du doigt sur l’artificialisation des terres. « Il est regrettable que l’on en soit encore au stade de l’évaluation et des missions d’information », sans « aucun plan d’action », s’alarment les associations. Elles se félicitent en revanche que l’obligation, pour les collectivités, de lutter contre l’étalement urbain ait été inscrite dans la loi. Mais les ONG s’inquiètent du manque de contrôle d’application de ce texte. « Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, les pressions des acteurs locaux sur les préfets sont fortes, et cela aboutit à des arrêtés souvent illégaux, que nous contestons », regrette François Moutou, vice-président de la SNPN. Sur les phytos, malgré certaines lois « courageuses », comme « l’interdiction des néonicotinoïdes », les ONG estiment que l’action de l’État est « insuffisante » à cause des trop nombreuses « dérogations » accordées aux agriculteurs. « De plus, il n’y a souvent aucun suivi de l’application de ces mesures », regrette Philippe Le Gal, vice-président de l’Opie.
Absence d’indicateurs
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Un manque de suivi dû à l’absence « d’indicateurs officiels » pour évaluer l’ensemble des mesures du plan. « Nous n’avons encore aucun réel indicateur formellement installé par le gouvernement pour comprendre, par exemple, l’impact des pesticides sur les insectes et les pollinisateurs, et les effets des mesures qui pourrait être apportées », ajoute Philippe Le Gal. Si elles se félicitent de la création de l’Office français de la biodiversité, dont le vote d’adoption est attendu cette semaine, elles s’inquiètent du « manque de moyens » accordés à ce nouvel organisme. Plus généralement, le manque de financements est largement identifié comme un frein à l’application des mesures du Plan Biodiversité.
« Il n’y a souvent aucun suivi de l’application de ces mesures »
Les pressions des acteurs locaux sur les préfets sont fortes