La LPO presse les candidats aux européennes de préserver l’ambition sur la réduction des pesticides et d’accroître les financements favorables à la biodiversité. L’ONG appelle aussi à lancer une « transition » de l’élevage avicole dans le contexte de grippe aviaire.
La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a présenté son manifeste de vingt propositions « pour la nature » en vue des élections européennes, en conférence de presse le 30 avril. Concernant l’agriculture, l’association appelle les candidats à faire en sorte que l’Europe « maintienne son objectif de réduction de 50 % des phytosanitaires », a indiqué son directeur général Cédric Marteau. Pour rappel, cet objectif à horizon 2030 était inscrit dans la proposition de règlement SUR (sur l’utilisation durable des pesticides), rejetée par le Parlement européen en novembre, puis finalement retirée par la Commission.
La LPO demande aussi que « au moins 50 % des aides de la Pac » soient orientées vers la préservation et la restauration des habitats naturels et des milieux agricoles, à travers « une rétribution accrue » dans le cadre des bonnes conditions agroécologiques (BCAE) et des mesures agro-environnementales (MAEC).
Elle demande également d’interdire les subventions « néfastes » à la biodiversité, et de « maintenir le statut de protection » des grands prédateurs en Europe (loup, ours, lynx). Lancée en mars, une pétition visant à maintenir le statut d’espèce « strictement protégée » du loup a recueilli « près de 180 000 signatures », s’est félicité le président de la LPO Allain Bougrain Dubourg.
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« Transformer le schéma avicole »
Enfin, l’association de protection de l’environnement appelle à « transformer le schéma d’élevage avicole » face aux épisodes successifs d’influenza (grippe aviaire H5N1) qui affectent économiquement les filières et ont pris une nouvelle tournure avec la contamination d’élevages bovins aux États-Unis. « On sait qu’il faut transformer le schéma avicole, notamment en limitant le nombre d’individus, de poulets concentrés (densité, NDLR), limiter la consommation, évidemment travailler sur des parcours de plein-air plutôt que sur des animaux qui sont encore élevés en cage », a déclaré Cédric Marteau. Selon lui, la vaccination des volailles doit être « une aide à la transition » et non une solution pour maintenir le système actuel. « Il faut transformer le chemin […] Mettons-nous déjà autour d’une table, soyons certains qu’on a le même objectif, mettons-nous dans un pas de temps […] : est-ce que c’est sur 5 ans, 8 ans, 10 ans… ? Mais il faut que le cadre soit pris. »
Pour la LPO, ce sujet est « un enjeu d’élevage, mais également un enjeu de faune sauvage », comme l’illustrent les ravages de l’épidémie dans la colonie de fous de Bassan (espèce protégée) sur l’île Rouzic en Bretagne. « La population adulte de fous de Bassan [y] a diminué de 40 % en 2022 et ne s’en est toujours pas remise », affirme Cédric Marteau.