Les experts agricoles des États membres ont exprimé, le 10 octobre lors de leur réunion en comité spécial Agriculture, leurs préoccupations vis-à-vis des propositions de la Commission européenne sur la restauration de la nature. Présenté au mois de juin, le projet de règlement sur la restauration de la nature prévoit de réparer les 80 % d’habitats européens qui sont en mauvais état dont les écosystèmes agricoles. Pour y parvenir, le texte fixe des objectifs contraignants sur le déclin des pollinisateurs, des populations de papillons et d’oiseaux dans les zones agricoles, le carbone des sols ou encore les caractéristiques paysagères à haute diversité.
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Pour les experts agricoles des Vingt-sept, ces objectifs sont très ambitieux. Ils craignent des coûts pour les opérateurs et s’inquiètent du calendrier de mise en œuvre. Les délégations ont également souligné la nécessité de prendre en compte les différentes caractéristiques nationales afin de garantir que les objectifs soient réalisables, et ont demandé à la Commission européenne de prévoir des sources de financement adéquates. Des demandes de clarifications ont été portées en ce qui concerne la définition et le nombre de zones à restaurer. Enfin, les délégations ont souligné la nécessité de trouver un juste équilibre entre la restauration de la nature et la préservation de la production alimentaire, et ont fait valoir la nécessité d’assurer la cohérence entre ce règlement et d’autres règlements, tels que celui sur l’utilisation durable des pesticides.
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Certes, cette proposition est ambitieuse, a convenu le représentant de la Commission européenne venu échanger avec les attachés agricoles, mais elle est à l’échelle du défi à relever. Selon lui, la Pac ne peut pas tout faire mais il ne faut pas non plus considérer l’argent de la Pac destiné à la restauration comme contre-productif. De même, il estime que cette proposition ne met pas en danger la sécurité alimentaire, mais au contraire la favorise à moyen et long terme.