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Bioéconomie : une stratégie européenne pour débloquer le secteur

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Bruxelles lance une stratégie sur la bioéconomie afin de lever les freins réglementaires et de stimuler la demande en produits biosourcés. Plusieurs initiatives législatives à venir devraient venir concrétiser ces engagements.

La Commission européenne a adopté, le 27 novembre, une stratégie sur la bioéconomie dont l’objectif est de débloquer le potentiel de ce secteur. « Le déploiement des innovations est trop lent, elles restent coincées dans les laboratoires », a souligné la commissaire européenne à l’Environnement Jessika Roswall. Bruxelles a donc identifié un certain nombre de marchés innovants qui seront particulièrement soutenus du fait de leur fort potentiel de croissance économique et de leurs bénéfices environnementaux. Il s’agit des plastiques, des fibres, des textiles, des produits chimiques, des engrais, des produits phytosanitaires, des matériaux de construction, des bioraffineries, de la fermentation avancée et du stockage permanent du carbone biogénique. L'exécutif européen promet de stimuler la demande des produits biosourcés, notamment en fixant des objectifs dans la législation pertinente. Les biocarburants ne figurent pas dans cette liste, mais Bruxelles assure qu’ils continueront de jouer un rôle dans la décarbonation du secteur des transports, notamment dans l’aviation et le transport maritime.

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Inquiet lorsque les premières versions de cette stratégie avaient circulé, le think tank Farm Europe se félicite que la Commission reconnaisse finalement « le rôle essentiel de l’agriculture européenne » dans sa mise en œuvre.

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Des instruments législatifs à venir

Ce texte reste une stratégie, c’est-à-dire avant tout un document politique qui ouvre des pistes de réflexion, mais plusieurs instruments législatifs sont envisagés pour atteindre concrètement les objectifs fixés. La future légalisation sur l’économie circulaire, qui doit être présentée en 2026, inclura « des mesures pour améliorer la collecte et l’utilisation des déchets de la biomasse pour être utilisés comme source d’énergie ou comme matière première ». De même, en 2027 ou 2028, la Commission espère parvenir à imposer des objectifs chiffrés pour le plastique biosourcé renouvelable, produit par exemple à partir d’amidon ou de cellulose, dans le cadre du règlement emballages. Jessika Roswall a notamment cité, en conférence de presse, le cas des produits de contact alimentaire, dont les procédures d’approbation sont encore très lentes. Un travail similaire va également être mené sur les matériaux de construction.

Autres vecteurs législatifs à venir : les deux actes sur les biotechnologies (dont le premier est attendu pour le 16 décembre) qui vont définir ce que sont les produits de la bioéconomie. Et bien sûr, le futur budget européen devrait soutenir les investissements dans le secteur. L’exécutif bruxellois compte aussi créer une alliance européenne pour les produits biosourcés, regroupant des entreprises de l’UE qui achèteraient collectivement « des solutions biosourcées » pour une valeur de 10 milliards d’euros d’ici 2030.