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Boulangerie/Investissement Biofournil relance un biscuit disparu, le Petit Mouzillon

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Biofournil, leader français du pain bio, se diversifie dans le biscuit. L’entreprise du Maine-et-Loire, avait repris les biscuits Petit Mouzillon en février 2009. La production de ce biscuit traditionnel de la région nantaise, qui avait été arrêtée, a été relancée. Il se positionne auprès des producteurs et distributeurs de vin. Sur un marché du bio en pleine croissance, Biofournil envisage d’accroître ses capacités de production de près de 50 % d’ici à 2011 et étudie des dossiers de croissance externe.

Le bio, ce n’était pas particulièrement sa tasse de thé. Mais Jean-Yves Fouché, qui a repris Biofournil (Le Puiset Doré, 49) en 1995 a revu sa position. « On peut produire un produit équivalent, voire meilleur sans conservateur ou procédés qui peuvent dénaturer le produit et ça ouvre un champ de recherche immense », commente le p.-d.g. de Biofournil. En moyenne, 5 % de la valeur ajoutée de l’entreprise sont investis en R & D chaque année. Son chiffre d’affaires approche les 10 millions d’euros, et elle emploie 80 personnes.
Jusqu’à présent, Biofournil produisait des pains cuits, précuits réfrigérés ou sous atmosphère protectrice, des viennoiseries et des brioches, écoulés en France pour 68 % dans la GMS, 23 % dans les magasins biologiques, 3 % sur les marchés, 3 % dans les boulangeries et 3 % dans la restauration. 7 % du chiffre d’affaires est réalisé à l’export.

Un investissement de 1,6 million d’euros
Cette année, le biscuit est venu s’ajouter au portefeuille de produits avec le lancement du Petit Mouzillon. Biscuit traditionnel du vignoble nantais, sa production avait été arrêtée par la Sarl Petit Mouzillon, devenue France Génoise, début 2008. Biofournil a racheté la marque, la recette, les locaux de Mouzillon en février 2009 et les a remis aux normes, avant de partir en quête de la recette originelle (1). Un investissement de 1,6 million d’euros. « Le Petit Mouzillon, c’est un peu ma madeleine. Il existe depuis 1848, et sa disparion aurait été vraiment dommage. Mais cela correspond aussi à une volonté de nous diversifier », explique Jean-Yves Fouché. La GMS voit en effet d’un bon œil ses partenaires trouver de nouveaux relais de croissance.

Le marché du vin
Avec le Petit Mouzillon, Biofournil entend bien développer de nouveaux marchés. « Le Petit Mouzillon est très adapté à la dégustation de vins. Traditionnellement, il accompagne le muscadet », indique Jean-Yves Fouché. C’est donc une stratégie de connivence avec les producteurs et distributeurs de vins qui est déployée. Le Petit Mouzillon sera commercialisé auprès des vignerons, cavistes, grossistes et exportateurs de vin. « Le Petit Mouzillon accompagne très bien la dégustation de muscadet, mais aussi de vins pétillants comme le champagne ou encore de vins rouges très corsés. » Sont également envisagés les points de vente culturels et touristiques. Dernière cible, l’épicerie fine, comme Fauchon ou Hédiard. L’objectif est de réaliser 2,7 millions d’euros de chiffre d’affaires sur cette activité dans les trois à cinq ans.

Projets de développement
Biofournil a basé sa croissance sur le marché du bio, en plein essor, avec des produits qualitatifs. « La demande est telle aujourd’hui que certaines des contraintes que nous nous imposions sont en train de voler en éclat. On peut faire du pain bio au levain ou à la levure, même si cela n’a rien à voir », explique Jean-Yves Fouché. Dans ces conditions, il ne paraît pas impossible que Biofournil soit amené à élargir son portefeuille de produits. « On n’exclut rien, mais on ne fera pas n’importe quoi, et on ne dévalorisera pas la marque Biofournil », précise Jean-Yves Fouché.
Les capacités de production doivent également être revues à la hausse. Un projet pour les augmenter de près de 50 % en 2011 au plus tard est en cours d’étude. L’export représente un autre levier de croissance sur lequel mise Biofournil. Une filiale a notamment été créée à Seattle en 2001. « Nous avons embauché l’an dernier une Allemande pour nous développer sur ce marché. »
Enfin, l’entreprise pourrait avoir recours à la croissance externe pour asseoir son développement.

(1) Cf Agra Alimentation n° 2054 du 19 février 2009 p 30

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