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Boulangerie/Stratégie Biofournil se concentre sur ses approvisionnements

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Après avoir investi 13 millions d’euros depuis sa création en 1988, Biofournil préfère se concentrer sur son approvisionnement plutôt que d’engager un nouvel investissement industriel. L’entreprise a réaménagé son site pour pouvoir libérer des volumes et répondre à une demande de plus en plus importante. Une augmentation de 20 % de sa production a été possible. Biofournil est spécialisé dans la production de pains et de brioches biologiques, depuis trente ans. Elle a réalisé, en 2007, un chiffre d’affaires de 7,6 millions d’euros et prévoit une progression supérieure à 11% en 2008. Présente aux Etats-Unis, à travers La Boulangerie nantaise, Biofournil envisage de lancer prochainement ce concept de boutique dans l’Hexagone.

« Si nous avions gardé nos fournisseurs classiques, nous n’aurions pas eu de farine en avril 2008 », déclare Jean-Yves Fouché, p.-d.g. de Biofournil. Avec la mauvaise récolte de blé en 2007, l’entreprise a dû revoir ses approvisionnements afin d’être sûre de trouver de la matière première. Cette entreprise trentenaire spécialisée dans la production de pains et brioches biologiques a utilisé, l’année dernière, 1 800 tonnes de farine pour 9,5 millions de pains et viennoiseries vendus. A l’origine boulangerie conventionnelle, la Boulangerie du Puiset-Doré a progressivement glissé vers les produits biologiques pour finalement se consacrer à 100% à cette production à partir de 1978. Ce n’est qu’en 1988 que l’entreprise prend le nom de Biofournil en association avec le groupe avicole Grimaud et le fondateur Louis Réthoré. Echappant de peu à une liquidation judiciaire grâce à l’arrivée à sa tête de Jean-Yves Fouché et de son frère en 1995, Biofournil se présente comme étant la première entreprise du marché du pain biologique en France, en terme de volumes, devant le groupe des boulangeries Moisan. En termes de chiffre d’affaires, ce dernier se positionne en leader. Le capital de Biofournil est actuellement détenu à 90% par la holding familial, à 2,5% par les salariés, à 3% par le fondateur, Louis Réthoré, et depuis trois ans à 7% par Unigrains.

20% de production supplémentaire

Entre 1995 et 1997, Biofournil connaît une croissance d’activité de 45% par an. « Au début, les banques ne voulaient pas nous suivre, mais notre taux de croissance les a persuadé d’investir dans l’extension de notre outil de production », explique Jean-Yves Fouché. Depuis 1995, 13 millions d’euros ont été investis dans trois extensions de son usine, située à Puiset-Doré, dans le Maine-et-Loire, pour atteindre actuellement une surface de 3 250 mètres carrés. L’entreprise avait prévu d’engager un nouvel investissement, mais la volatilité des matières premières a incité Biofournil à trouver une autre solution pour libérer des volumes. « En améliorant l’ergonomie de notre site, nous avons pu libérer 20 % de production supplémentaire », indique le p.-d.g., précisant que « la hausse des matières premières a impacté de 3,45% nos résultats au premier trimestre, en tenant compte de l’augmentation de nos tarifs ». Biofournil n’a répercuté que partiellement la hausse du prix des céréales biologiques (+80 %), le prix de sa baguette bio au levain à l’ancienne étant passé de 1,10 à 1,20 euro. Avec un chiffre d’affaires de 7,6 millions d’euros, en progression de 12 % en 2007, l’entreprise a dégagé un bénéfice de 140 000 euros. Biofournil prévoit une croissance supérieure à 11 % en 2008. « Nous serons au-dessus de notre prévision, nous avons déjà enregistré une croissance de +10 % au premier trimestre et de +25% en avril », note le p.d.-g.

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Concept de boulangerie

7% de ses ventes sont réalisés à l’export, notamment en Chine. En 2000, l’entreprise a ouvert une boulangerie de détail, à Seattle, aux Etats-Unis, baptisée La Boulangerie nantaise. Biofournil y réalise un chiffre d’affaires inférieur à un million d’euros. Elle a, pour le moment, stoppé ses exportations en direction des Etats-Unis au vu du taux de change défavorable. L’entreprise réfléchit à la possibilité d’y installer une petite unité de production, mais il lui faudrait les volumes nécessaires, ce qui n’est pas le cas pour le moment. Biofournil pourrait dupliquer son concept de boulangerie grand public proposant des pains biologiques d’ici à la fin de l’année en France.