L’Allemagne devrait approcher les 9 500 méthaniseurs en fonctionnement à la fin de l’année, dont 2 600 ayant souscrit une « prime de flexibilité ». Un exemple qui commence à être regardé en France, comme l’a montré une conférence organisée le 11 septembre au Space.
« Nous devons commencer à discuter, en France, de la flexibilité du mix énergétique », a recommandé Gilles Petitjean, directeur de l’Ademe Bretagne, lors d’une conférence organisée au Space le 11 septembre. Le biogaz se révèle très complémentaire de l’éolien et du photovoltaïque, au fonctionnement par nature intermittent, souligne Jean-Philippe Lamarcade, directeur d’Enedis pour la Bretagne. Autre atout : « Les moteurs électriques alimentés par du biogaz sont des machines tournantes qui permettent de stabiliser le réseau à la fréquence de 50 hertz », ajoute-t-il.
Une prime de 40 €/kW/an pour les installations récentes
L’expérience allemande de la méthanisation montre que « le biogaz peut contribuer à stabiliser le système [électrique] car il est réglable », témoigne Lena Müller-Lohse, en charge des bioénergies à l’Office franco-allemand pour la transition énergétique. En pratique, explique-t-elle, il est possible de « flexibiliser » le fonctionnement d’un méthaniseur en faisant varier son niveau d’alimentation ou en utilisant des produits intermédiaires, des substrats conservés sous forme hydrolysée qui vont se dégrader très rapidement dans le digesteur et, ainsi, booster sa puissance. En Allemagne, 2 600 des 9 400 méthaniseurs en activité (9 331 à la fin 2017, 9 494 prévus à la fin 2018) sont entrés dans la démarche. En contrepartie, ils perçoivent une « prime de flexibilité » dont le montant atteint 130 €/kW/an (avec un maximum de 10 ans) pour les installations antérieures à août 2014, et 40 €/kW/an (maxi : 20 ans) pour les plus récentes.
« La flexibilité est parfaitement intégrée au système gazier, qui dispose d’importantes capacités de stockage et peut donner la priorité au biométhane injecté dans le réseau », convient également Eric Feuillet, responsable développement biométhane chez GRDF. Le réseau gazier devenant bidirectionnel (distribution et alimentation), il y aura nécessité de « traiter beaucoup de données ». Deux expérimentations ont démarré dans l’ouest de la France, à Pontivy (Morbihan) et Pouzauges (Vendée), dans le cadre du projet de démonstration West Grid Synergy.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« La flexibilité est parfaitement intégrée au système gazier »
La Bretagne veut accélérer dans la méthanisation
L’élevage breton produit 25 millions de tonnes de déjections animales (fumiers et lisiers) chaque année mais ne compte encore que 81 installations de méthanisation. « Dix unités ont été mises en service en 2017 et une vingtaine de projets sont financés en 2018 », indique le directeur régional de l’Ademe, Gilles Petitjean, qui juge possible d’« atteindre 50 à 100 installations par an ». Autres enjeux identifiés : la maintenance groupée des installations et la mobilisation de nouvelles matières : tontes de bord de route, fractions fermentescibles des déchets organiques…