Une étude publiée dans la revue scientifique Scientific Reports le 8 avril évalue les risques agroclimatiques pour la culture du blé en France, en combinant des données climatiques de haute résolution avec un modèle s’intéressant aux étapes de développement du blé et à leur évolution spatio-temporelle. Résultat : la combinaison de déficit hydrique et de stress thermique, principalement pendant les phases reproductives du cycle, menace la production céréalière dans la moitié sud de la France, tandis que le déficit hydrique devrait affecter la moitié nord du pays (excepté la côte océanique).
Pour augmenter la résilience des systèmes agricoles face au changement climatique, l’étude recommande d’orienter la production de blé vers des solutions visant la régularité plutôt que la productivité maximale. En outre, elle invite à développer des variétés de blé résistantes aux stress abiotiques plus fréquents et plus intenses, et ce en fonction de chaque zone climatique. Aujourd’hui, les approches de modélisation décrivent principalement les effets des tendances climatiques – tels l’augmentation moyenne de la température au cours d’une saison de croissance –, sans considérer l’évolution des étapes de développement des plantes sous des conditions climatiques extrêmes. « Néanmoins, ces événements extrêmes devraient devenir plus fréquents et intenses, et leur omission dans les modèles peut conduire à une sous-estimation des pertes de rendement », avertit l’étude.
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À l’échelle mondiale, une étude américaine publiée en 2021 dans la revue Nature food établit des estimations de rendement pour les quatre cultures mondiales principales (maïs, blé, soja, riz) dans les scénarios de très hautes et faibles émissions du Giec (SSP 5-8.5 et SSP 1-2.6). D'ici la fin du siècle, le rendement mondial du blé pourrait augmenter de 18 % dans le SSP5-8.5, et 9 % dans le SSP1-2.6.