Dans un communiqué du 10 février, l’Inrae a présenté une méthode pour anticiper et mesurer la fréquence des années à haut risque quant aux récoltes françaises de blé d’ici 2100. Elle explicite divers scénarios, variant selon l’intensité du changement climatique. Selon l’institut, dans le pire des cas, les épisodes de canicules et de sécheresses verraient leur probabilité d’apparaître multipliée par trois à six d’ici la fin du siècle, selon les secteurs. Le sud de l’Hexagone serait naturellement la zone la plus exposée. En revanche, la côte de la Manche et le Bassin parisien seraient moins affectés par les accidents climatiques. Par ailleurs, les hivers doux et les printemps excessivement humides pourraient devenir « douze fois plus fréquents dans le nord de la France », et 2,5 fois plus dans le Sud. L’étude met aussi l’accent sur la possible apparition de nouveaux risques climatiques pour le blé, « comme un stress thermique précoce et des nuits trop chaudes qui affecteraient le développement de la plante et la maturité des grains ». Maigre consolation : « Les risques liés au froid diminueraient. »
À l’inverse, dans un scénario modéré « conforme aux objectifs de l’accord de Paris », les risques climatiques demeureraient similaires aux conditions actuelles. L’élaboration de ces projections par les scientifiques de l’Inrae est le résultat d’une combinaison « de modèles de développement de variétés de blé, de données climatiques historiques, de projections climatiques du GIEC », relate le communiqué. La méthode de l’institut a été publiée dans la revue Agricultural and Forest Meteorology. Via cette étude, l’Inrae souligne l’importance d’anticiper les évolutions du changement climatique pour adapter les pratiques agricoles. L’institut appelle les pouvoirs publics et les professionnels du secteur à renforcer dès à présent la résilience des cultures face à l’accélération des aléas météorologiques extrêmes.
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Attention aux nouveaux risques climatiques : nuits trop chaudes, stress thermique précoce etc., selon l’Inrae.
KC