L'association Bleu-Blanc-Coeur, qui porte la marque d'aliments riches en omégas 3 à base de lin, féveroles et autres graines de lupin, projette de développer à moyen terme d'autres micronutriments utiles à la santé que les oméga 3, a indiqué son président-fondateur, Pierre Weill, lors de sa journée d'échanges scientifiques, le 11 mars à Rennes. Ces micronutriments notamment les polyphénols, à base de blé, d'orge, de maïs, de sarrasin et de seigle.
Coordonnatrice d'une filière allant du producteur de graines de lin oléagineux, à l'éleveur laitier ou porcin ou avicole, l'association Bleu-Blanc-Coeur a maintenant dans ses cartons des travaux pour développer d'autres micronutriments que les omégas 3. Il s'agit de projets à moyen terme, a précisé Pierre Weill.
Ces micronutriments, comme le sont les omégas 3, sont des fibres, des anti-oxydants, des vitamines, des caroténoïdes et surtout des polyphénols. Jusque là, Bleu-Blanc-Coeur organisait la contractualisation entre les producteurs, ses usines et les éleveurs, pour les graines de lin. Ces dernières apportent des avantages nutritionnels aux humains, via l'animal d'élevage (poules, vaches, porcs), a-t-il été rappelé lors de la journée d'échanges scientifiques, notamment par le docteur Bernard Schmitt, co-président de l'association Bleu-Blanc-Cœur.
Céréale la plus avancée, le seigle
De la même façon que les omégas 3 sont apportés par les graines de lin, de pois, de lupin, de féverole, et de soja cultivé en Bourgogne, le Jura et le Sud-Ouest, les polyphénols pourront, dans quelques années, être apportés par les cultures de blé, d'orge, de maïs, de sarrasin et dans un premier temps de seigle.
Des variétés de maïs traditionnelles d'Amérique centrale pourraient être adaptées aux terroirs français, a précisé Pierre Weill. Quant aux variétés de blé nécessaires à la fabrication d'aliments du bétail porteurs de polyphénols pour enrichir les œufs, fromages, et viandes, elles « doivent être adaptées » aux réalités agronomiques françaises. La céréale la plus avancée dans les travaux de la filière Bleu-Blanc-Cœur est le seigle, a confié son président. Les premiers lancements d'une filière du seigle comme source de polyphénols pourraient voir le jour dans trois à cinq ans.
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Bleu-Blanc-Cœur s'inspire des travaux de Michel de Lorgeril, chercheur au CNRS de Lyon, sur la contribution des polyphénols contenus dans les aliments, notamment au vin rouge, à la santé humaine. « L'idéal pour un consommateur qui veut être en bonne santé est de prendre un repas avec des produits Bleu-Blanc-Cœur et un petit coup de rouge », a lancé, pour la boutade, le président de l'association, lors de la journée scientifique.
Le spectroscope de poche pour aider à la dé-banalisation des produits
Le développement des micronutriments dans l'alimentation carnée sera très aidé par les technologies. Deux sociétés de R&D (recherche-développement), l'une canadienne, l'autre israélienne, sont en train de mettre au point des spectroscopes de poche, qui permettront à tout un chacun de caractériser la composition d'un aliment dans les rayons d'un magasin. Ces outils devraient être commercialisés d'ici deux à cinq ans. « Ce genre d'outils pourra contribuer à la dé-banalisation des produits », a commenté le fondateur de Bleu-Blanc-Cœur.
L'objectif, réaffirmé le 11 mars, est la volonté de construire une « agriculture à vocation santé », se démarquant d'une agriculture qui produit des aliments carencés en micronutriments. Plutôt qu'acheter des aliments à très bas prix d'un côté, et d'aller se soigner en allant à la pharmacie de l'autre, « mieux vaut ingérer des aliments moins pauvres en nutriments » ont rappelé le président de la filière et son co-président, le docteur Bernard Schmitt. Ce dernier a affirmé qu'il est avéré que les micronutriments, pris isolément sous forme de pilules, sont moins efficaces qu'associés dans les produits d'origine. « C'est logique, a-t-il expliqué, les polyphénols sont des éléments clés du système de défense des plantes contre les parasites. Ces éléments sont efficaces dans leur système ».
L'entreprise Valorex, basée à Rennes, pour la filière d'aliments Bleu-Blanc-Cœur, lancera cet été la contractualisation avec les producteurs de graines de lupin, féverole, soja, a indiqué Béatrice Dupont, directeur commercial, lors de la journée d'échanges scientifiques, le 11 mars à Rennes. Jusque là, Valorex organisait la contractualisation entre les producteurs, ses usines d'extrusion des graines et les éleveurs, pour les graines de lin. Valorex a décidé d'étendre la contractualisation autour de ses usines d'extrusion : avec les producteurs de graines de lupin, soja et féverole en Poitou Charentes ; avec les producteurs de graines de soja dans le Doubs et en Bourgogne ; avec les producteurs de graines de soja, pois et lupin dans l'Aveyron ; et avec les producteurs de graines de pois, féveroles et lupin en Bretagne, a précisé Béatrice Dupont.