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Blue Whale pilote un projet de recherche pour réduire le recours aux phytos

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Le président de Blue Whale, Christophe Belloc (à droite), a accueilli le préfet du Tarn-et-Garonne, Vincent Roberti (à gauche) dans ses locaux le 18 avril 2023 Crédits : © Berengère Bosi

Le groupement de producteurs montalbanais Blue Whale, qui produit à lui seul 17 % des pommes en France, pilote le projet « Bonne Pomme ». Lauréat du plan France Relance, celui-ci doit conduire à une réduction du recours aux produits phytosanitaires.

Le groupement de producteurs de pommes Blue Whale lance un projet destiné à identifier de nouveaux parcours culturaux plus productifs et moins utilisateurs de produits phytosanitaires. Évalué à 12 millions d’euros, le projet, intitulé Bonne Pomme (Ré) Génération, est lauréat du plan France Relance et bénéficie à ce titre d’un soutien de 8,2 millions d’euros. Il implique cinq partenaires aux côtés de Blue Whale : deux start-up haut-garonnaises - Asclepios Tech et Micropep Technologies – ainsi que le constructeur de calibreuses montalbanais Maf Roda, l’école d’ingénieurs toulousaine de Purpan et l’Inrae.

Le projet doit notamment conduire à une baisse de 50 % de l’utilisation de produits phytosanitaires fongiques en verger et supprimer leur usage en station fruitière, à une réduction de 20 % des intrants azotés, à une augmentation de 25 % de la biomasse microbienne et à une diminution de 50 % des pertes de fruits au long du process de production.

Différentes innovations technologiques vont être testées : la photobiologie (traitement par la lumière développé par Asclepios Tech), les micropeptides (solution biologique développée par Micropep Technologies) ou encore l’ozone. Des solutions qui doivent permettre de « protéger les fruits contre la tavelure, mais également contre les maladies de conservation par action directe et/ou stimulation des défenses », explique-t-on chez Blue Whale.

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À la recherche de gains de productivité

De nouveaux capteurs seront également utilisés pour évaluer la qualité des fruits. « Nous devrons ensuite trouver les meilleures combinaisons associant les différentes solutions », explique Séverine Maldès, responsable du service qualité chez Blue Whale, en charge du projet. Selon elle, le projet devrait générer 74 millions d’euros de chiffre d’affaires cumulés supplémentaires en 5 ans pour tous les partenaires et conduire à la création de 45 emplois.

« Ce projet est essentiel afin de trouver de nouvelles solutions pour gagner en productivité », explique à Agra Innovation Christophe Belloc, arboriculteur et président de Blue Whale. « Notre projet s’inscrit en parallèle d’autres technologies testées contre les ravageurs par divers acteurs, comme la technique de l’insecte stérile (qui vise à ralentir la prolifération des insectes ravageurs de fruits, ndlr) ou celle de la micro-injection (sorte de « vaccin » injecté dans les arbres fruitiers qui permettrait d’éviter le recours à la pulvérisation, ndlr). Avec ces nouvelles solutions technologiques, nous souhaitons attirer de nouveaux producteurs ». Si chez Blue Whale la moyenne d’âge des 260 producteurs n’est que de 48 ans, le groupement pense en effet déjà au renouvellement des générations. Implanté à Montauban (Tarn-et-Garonne), le groupe Blue Whale commercialise environ 270 000 tonnes de fruits dont les deux tiers à l’export. Il a réalisé un chiffre d’affaires de 297 millions d’euros en 2022.