Après 6 ans d'expérimentation en Picardie, le groupe Bonduelle a présenté le 16 juin les résultats, encourageants, de son programme-pilote de culture durable de légumes de plein champ. La pratique combinée du désherbage mécanique et chimique aurait permis, indique Bonduelle, de réduire de façon significative la dépendance des agriculteurs aux produits phytosanitaires.
Six ans d'études, 8 fermes pilotes, 1,5 million d'euros de budget : Bonduelle a mis les moyens dans son projet de recherche destiné à « anticiper les évolutions réglementaires » vers « un usage de plus en plus modéré des produits phytosanitaires ».
Le groupe avait choisi la Picardie comme laboratoire d'études ; une région où « le légume de plein champ occupe une part non négligeable ». En partenariat avec les acteurs du monde agricole (Chambre d'agriculture de Picardie, Inra, Fredon…), les producteurs de légumes en première ligne, Bonduelle a réalisé plus de 50 essais et mené 200 enquêtes. Le bilan, présenté le 16 juin, s'avère encourageant. En matière de jeunes carottes, haricots et pois de conserve, il apparaît que le recours aux produits phytosanitaires peut être moindre, pour une production en quantité et en qualité identiques, sans hausse de prix.
Avec la promotion de l'agroécologie, les agriculteurs ont besoin de trouver des méthodes alternatives à l'usage des produits chimiques. Les avancées technologiques et la recherche ont permis de mettre au point du matériel de pointe qui assiste les producteurs. Naïo technologie, jeune entreprise créée en 2011, à l'esprit « start up », se place dans cette dynamique. Sollicitée par Bonduelle, elle l'accompagne dans son projet de culture plus « verte » grâce à des robots qui combinent guidage GPS et système de guidage vidéo et laser. Ces nouveaux outils permettent de diriger le robot au centimètre prêt et ajuster ainsi au mieux le binage.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Désherbage : satisfaisant ; maladies : peut mieux faire
La pratique combinée du désherbage chimique et mécanique et l'utilisation d'outils de dernière génération (voir encadré) ont permis de réduire de 17% sur les fermes pilotes, l'indice de fréquence de traitement par rapport à 2007. Fort de ce constat, le groupe a édité un guide pratique du désherbage alternatif, à disposition des producteurs.
Les résultats sont plus mitigés en matière de lutte contre les maladies et insectes ravageurs. Les enquêtes menées ont permis « d'identifier quelques pistes alternatives de traitement » qui restent insuffisantes. « Les professionnels légumiers de Picardie comptent sur plus de recherche fondamentale et appliquée », indique Bonduelle. Dans cette optique, le programme-pilote va désormais être prolongé avec la création d'un Groupement d'intérêt économique et environnemental (GIEE) reconnu et soutenu financièrement par le ministère de l'Agriculture. Composé de 21 exploitations pilotes, ce GIEE ambitionne de diffuser les acquis, mettre en synergie les forces, former les professionnels du légumes et poursuivre les recherches.