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Bonnes perspectives d’exportations, mais prix bas

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Dans les prochains mois, les exportations agricoles européennes, en particulier de produits laitiers et de viande, devraient continuer à augmenter mais les prix devraient se maintenir à des niveaux faibles, que ce soit pour les grandes cultures (du fait de bonnes perspectives de récolte), pour le lait (plombé par les stocks importants) ou la viande (à l’exception du porc en pleine reprise après plusieurs mois difficiles).

Le ralentissement de l’économie mondiale va contribuer dans les prochains mois au maintien des prix des matières premières agricoles à un niveau relativement faible, prévient la Commission européenne dans ses perspectives agricoles à court terme dans l'UE publiées le 8 juillet.

La plupart des superficies plantées en céréales pour 2016-2017 sont maintenant connues, et elles devraient connaître une légère augmentation de180 000 ha à environ 57,65 millions d’ha, soit à peu près la moyenne des cinq dernières années, indique le rapport. En termes de répartition par culture, les superficies d’orge, de blé dur et de seigle augmentent respectivement de 362 000 ha, 136 000 ha et 177 000 ha. À l’inverse, les soles de blé et de maïs doux reculent de 205 000 ha et 328 000 ha.

Les rendements céréaliers devraient eux aussi être à la hausse. Résultat : une production européenne d’un niveau très élevé pour la troisième année consécutive avec 313 millions de tonnes est attendue, soit 2,5 Mt de plus qu’en 2015/2016 (+1 %).

Même si le maïs est encore à un stade de développement précoce, la production devrait revenir à des niveaux proches de sa moyenne historique, avec 65 Mt (+ 12 % par rapport à l’année dernière). De même, la récolte d’orge progresserait de près de 2 Mt à 62,4 Mt (7 % au-dessus de la moyenne des cinq dernières années). La production de blé devrait par contre reculer de 5 % par rapport à l’année dernière à 144,6 Mt.

Globalement, compte tenu des bonnes perspectives de récolte européenne mais aussi mondiale pour toutes les céréales et le contexte macro-économique, « il semble probable que les prix des céréales resteront à des niveaux faibles » en 2016-2017, proches de ceux de la campagne précédente, estiment les services de la Commission.

Il est encore trop tôt pour avoir une estimation de la récolte d’oléagineux mais il semblerait, selon les premières indications dont dispose Bruxelles, que les surfaces soient en recul de 168 500 ha (-1,4 %). Pour les protéagineux, portés par les incitations de la nouvelle Pac (surfaces d’intérêt écologique et aides couplées), les surfaces qui ont déjà augmenté de 59 % en 2015-2016 devraient encore progresser de 3,5 % en 2016-2017. Enfin, la production de betterave sucrière devrait augmenter de 5 % à 107 Mt.

Lait : premiers signes de recul de la production

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La surproduction mondiale et les stocks (publics et privés) vont continuer de peser sur le marché pendant encore plusieurs mois avant que les prix du lait dans l’UE se reprennent de manière significative, prévient la Commission. Cependant, le pic de production saisonnier est passé. Autre signe que la production devrait reculer : les abattages de vaches ont augmenté de façon significative dans la plupart des grands pays producteurs de lait (à l’exception de l’Irlande où ils reculent) : Espagne, Danemark, Pologne, Royaume-Uni, République tchèque, Pays-Bas, Belgique et Allemagne. Dans l’UE, la collecte pourrait augmenter de plus de 1 % sur l’ensemble de l’année 2016 (soit un peu plus de 2 millions de tonnes) du fait de la très forte hausse du premier trimestre.

Globalement en 2016, malgré l’embargo russe, les exportations de l’UE devraient augmenter de 5 %, soit l’équivalent de 900 000 tonnes de lait, stimulées par une forte demande en fromage, beurre et lait UHT. Une augmentation du même ordre est attendue pour 2017.

La restructuration du secteur laitier frappe le secteur bovin

La hausse des abattages de vaches laitières ne fait pas les affaires du secteur de l’élevage bovin. La production a augmenté de 2 % sur les 4 premiers mois de l’année et devrait atteindre +2,2 % sur l’ensemble de 2016. Mais les bonnes exportations de viande (+10 % au premier trimestre) et d’animaux vivants (+30 % au premier trimestre par rapport à la même période en 2015 quand les ventes étaient déjà élevées) permettent de soulager le marché.

Dans le secteur porcin, la flambée des exportations, en particulier vers la Chine, permet une reprise des cours européens. Les exportations devraient atteindre un record de 2,4 Mt (+18 %) en 2016. La production devrait se stabiliser. Les prix ont commencé à se reprendre depuis le mois d’avril, revenant rapidement à leur niveau de 2015.

Pour la volaille, la hausse de la production devrait ralentir en 2016 et 2017 (+3,8 % en 2015) du fait de la concurrence mondiale accrue. Les exportations devraient néanmoins progresser de 6 % en 2016 puis stagner en 2017. Les prix se situent 4 à 5 % au-dessous de leur niveau de l’année dernière.

Enfin, la production de viande de mouton continue d’augmenter (+2 % prévus en 2016 et une stabilisation en 2017) malgré la baisse des prix.