Que ce soit les productions végétales ou animales (lait et viande), la Commission européenne prévoit de bons niveaux de production et de commercialisation pour l'agriculture européenne en 2015. C'est le secteur du porc qui souffre le plus de l'embargo russe. Pour le lait, Bruxelles entrevoit un renversement de tendance après la chute de prix des 6 derniers mois.
Les premières prévisions pour la récolte 2015-2016 montrent un bon niveau de production céréalière à plus de 300 millions de tonnes, en raison des conditions météorologiques généralement favorables (hiver doux et l'absence de gelées), selon les perspectives agricoles à court terme publiées le 9 mars par la Commission européenne. Les premiers chiffres communiqués par les États membres montrent une diminution de la sole de céréales (de près de 2% à 57,8 Mha) principalement du fait d'un recul des surfaces plantées en blé tendre de 3,5% (à 24,2 Mha), en particulier en Pologne (-15%). En revanche, les services de Bruxelles prévoient une augmentation des surfaces plantées avec de l'orge de 1,5%, à 12,5 Mha, et du blé dur de 3,5%, à 2,4 Mha (+ 8% en France et + 3% en Italie). Cette dernière culture a bénéficié d'un soutien couplé facultatif dans le cadre de la réforme de la Pac et de prix incitatifs au moment des semis. Avec 14 États membres ayant opté pour le soutien couplé facultatif pour les protéagineux, les semis devraient en 2015 augmenter de 8% pour atteindre plus de 1 million d'hectares dans l'UE, un niveau qui reste encore 0,5 million ha en dessous de celui atteint en 2004.
Avec une récolte record de 327 Mt (+7% par rapport à 2013-2014), pour la campagne de commercialisation 2014-2015, les importations céréalières de l'UE devraient diminuer d'un tiers, tandis que les exportations devraient à nouveau augmenter pour atteindre, elles aussi, un nouveau record à 44,3 millions de tonnes (près de 2% de plus qu'en 2013-2014).
Lait : renversement de tendance
La reprise actuelle des prix des produits laitiers devrait conduire à une stabilisation puis une augmentation du prix du lait dans l'UE, estime Bruxelles. Mais aucune flambée de la production n'est attendue en 2015 par rapport au record de 2014. Et ce malgré l'expiration des quotas au 1er avril. À la mi-février, les prix de l'UE étaient encore au-dessous de leurs niveaux élevés de 2014 : -15% environ pour le beurre et - 35% pour la poudre de lait écrémé.
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Le « renversement de tendance » observé par la Commission s'explique à la fois par une baisse saisonnière de la collecte laitière, une production en Océanie affectée par des conditions climatiques sèches et une demande mondiale qui reste dynamique. En 2015, pour la première campagne sans quota, les livraisons de lait de l'UE devraient augmenter modérément, d'environ 1%. La hausse est particulièrement attendue dans les pays où le nombre de vaches laitières reste nettement plus élevé que l'année dernière : en Irlande (+ 4,2%), aux Pays-Bas (+ 0,8%) et en Allemagne (+ 0,7% ). Les experts européens prédisent de bonnes perspectives d'exportations notamment pour la poudre de lait écrémé et le beurre, moins pour le fromage dont une partie des ventes est bloquée par l'embargo russe.
Le porc victime de l'embargo russe
L'augmentation actuelle des troupeaux laitiers et de vaches allaitantes dans UE laisse entrevoir une hausse la production de viande bovine (+ 2% prévus en 2015) et, dans son sillage, des exportations dans une période de prix élevés au niveau mondial. Le secteur du porc est, lui, affecté par l'embargo russe : les exportations reculent malgré la recherche de nouvelle destinations et les prix également. Malgré cela, la production pourrait continuer à repartir à la hausse, soutenue par les faibles prix des aliments et une productivité accrue.
Dans le secteur de la viande de volaille : la production et la consommation sont en constante augmentation. Des prix des aliments plus faibles en 2014 ont tiré la production de l'UE vers un record de 13,2 millions de tonnes. La demande devrait se maintenir et permettre à la production de continuer à croître mais à un rythme plus lent qu'en 2014. Elle devrait atteindre les 13,5 millions de tonnes d'ici 2016.