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Vin Bordeaux : trois associations de vignerons s’invitent au CIVB

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Trois associations du Bordelais, le Comité d’action des vignerons de Bordeaux (CAVB), le Collectif viticulteurs 33 et le Collectif Inter-appellations, ont signé un communiqué commun le 14 avril dans lequel ils invitent les viticulteurs à un « rassemblement pacifique » le 18 avril au siège du Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) à l’occasion de son assemblée générale. Une fois de plus, ils sont en désaccord avec la politique de l’interprofession.

Les signataires ont eu connaissance tardivement d’un courrier adressé par l’interprofession aux responsables des organismes de défense et de gestion (ODG) mi-février dans lequel sont annoncées plusieurs mesures pour « revenir à un équilibre durable du marché ». Ces mesures concernent le contrôle des opérateurs pratiquant des prix anormalement bas, la mise en place d’un groupement d’achat des premiers prix (pour limiter la volatilité des cours), la mise en place d’un fonds de compensation pour faciliter le déclassement en vin sans indication géographique (mesure ponctuelle pour faciliter un retour à l’équilibre du marché), la définition d’orientation concernant les rendements (dès le mois de juillet en fonction des projections des services économiques du CIVB) et enfin la mise en place d’un rendement interprofessionnel commercialisable assorti d’une mise en réserve (pour les AOC qui connaissent un déséquilibre de marché persistant). Les responsables d’ODG n’auraient pas fait circuler les informations de ce courrier, par crainte des réactions d’opposition des vignerons, selon Dominique Techer, président du CAVB.

Les petites exploitations pénalisées par les mesures prévues

Le président de l’ODG Graves de Vayres, Frédéric Gonet, a, lui, pris position dans un courrier du 22 mars adressé au CIVB. Les adhérents des associations sont en accord avec ses analyses, selon Dominique Techer. Frédéric Gonet estime que l’application des mesures prévues par l’interprofession « ne peut qu’entraîner un surcroît de contraintes et de pression de contrôles sur les petites exploitations ».
En outre, « c’est considérer ces exploitants comme de mauvais vignerons (parias de Bordeaux) puisqu’ayant besoin de finances, ils sont obligés de vendre leurs vins à bas prix : n’oublions pas que c’est l’acheteur qui fixe le prix en Gironde, à savoir le négoce, et non le petit producteur avec ses 50 ou 100 hl à vendre ! », critique t-il dans sa lettre. Selon lui, les mesures proposées par le CIVB sont dangereuses pour les petites exploitations, qu’il s’agisse du déclassement de Bordeaux en vin de table ou de la baisse des rendements.
« La baisse d’un rendement avec les charges élevées n’entraînera qu’un prix de revient au tonneau plus élevé. L’écart entre le prix de revient et le prix de vente s’accentuera et mettra encore plus les petites exploitations en difficultés », prévoit-il.
« Concernant la mise en réserve avec limitation des volumes commercialisables : c’est une atteinte à la liberté de commercer », prévient-il.
Pour ce qui est du stockage : « Les capacités de stockage devront être augmentées par l’achat de cuverie, voire même un agrandissement des locaux, d’où découlera une augmentation de l’endettement. Que fait-on du respect des cahiers des charges concernant la capacité de cuverie ? Le système de réserve a déjà été testé et n’a rien apporté de bon », écrit Frédéric Gonet, balayant toutes les propositions de l’Interprofession. Il invite en conclusion à « un vrai dialogue avec tous ». Avant de conclure : « De grands vins, c’est bien, mais sans les petits vignobles, il n’y aurait pas d ‘appellation bordeaux ».

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