Le n°1 français de la viande bovine Bigard a annoncé la fin, dès 2025, de l’activité d’abattage de bovins à l’usine Charal de Sablé-sur-Sarthe, un site crucial pour les élevages des Pays de la Loire, d’après nos confrères de Réussir. D’une capacité d’environ 1 200 bêtes par semaine, l’abattoir deviendra une plateforme logistique (avec congélation) et poursuivra une activité de découpe de têtes de porc, a indiqué Laurent Ragot, de la FDSEA de la Sarthe, à Agra Presse, après une réunion avec les dirigeants du site le 22 octobre.
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Responsable de la section bovine du syndicat, l’éleveur déplore une « décision stratégique » de l’industriel : celui-ci compte transférer les salariés et les animaux à Cholet (Maine-et-Loire) et à Cherré-Au (Sarthe). Deux sites actuellement en sous-capacité, plus récents, mais aussi plus éloignés des élevages de Sarthe et de Mayenne. D’après Laurent Ragot, le groupe Bigard s’est engagé à « prendre en charge les frais de transport pour l’abattage familial et la boucherie traditionnelle », des débouchés où le transport est à la charge de l’éleveur. « Tous les éleveurs ne vont pas suivre [Bigard] à Cholet », prévient-il, ajoutant que les abattages de l’usine Elivia (Terrena) à Le-Lion-d’Angers « sont déjà en hausse à la suite de l’annonce ».
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Entre la décapitalisation et la hausse des charges, le secteur de l’abattage-découpe traverse une grave crise. « Un abattoir ferme chaque mois », selon Yves Fantou, président de Culture Viande (abatteurs). Un mouvement appelé à se poursuivre : au rythme actuel de décapitalisation, « 33 ou 34 abattoirs » pourraient fermer leurs portes d’ici 2030 (sur 233 abattoirs de boucherie en France, selon le ministère de l’Agriculture), estime le cabinet Ceresco.