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Bovins viande : premiers chiffres sur les contrats, les femelles en retard

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Alors que la contractualisation est obligatoire en bovins viande depuis 2022, moins de 15 % des femelles et entre 30 et 40 % des jeunes mâles font l’objet d’un contrat, selon les premiers chiffres dévoilés par Interbev le 5 septembre.

Lors du congrès de Culture Viande (abattage-découpe) le 5 septembre, le président de la section bovine d’Interbev Emmanuel Bernard a présenté les premiers résultats de l’observatoire de la contractualisation en viande bovine. Selon ces chiffres fournis par les abatteurs, seules 14 % des femelles allaitantes ont fait l’objet d’un contrat au premier semestre 2023, contre 10 % en vaches laitières. Pour la voie mâle, historiquement plus organisée, 30 % des jeunes bovins (JB) de races à viande et 46 % des JB de races à lait sont contractualisés. À titre de comparaison, un rapport de FranceAgriMer de 2011 estimait qu’environ un quart de la production française de viande bovine était contractualisée, essentiellement en JB. Difficile, pour l’heure, d’y voir une dynamique, un an après l’entrée en vigueur de la loi Egalim 2. Depuis 2022, en application de ce texte, les contrats sont obligatoires entre les éleveurs de bovins et leur premier acheteur.

Interbev veut plus de contrats sur les femelles

« La filière avance dans la contractualisation sur les animaux que les abatteurs ne sont pas sûrs d’avoir », a expliqué Patrick Bénézit, président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), lors d’une conférence de presse le même jour. « Si les JB ne sont pas contractualisés, ils partent en broutards. » En revanche, en femelles, le développement de la contractualisation est « compliqué », estime Emmanuel Bernard. « Ça va démarrer, beaucoup d’industriels s’y intéressent, que ce soit sur des vaches laitières pour faire de la viande hachée, mais aussi sur des vaches allaitantes », assure de son côté Cédric Mandin, le secrétaire général de la FNB. En femelles, « les vaches sont présentes, les contrats serviront surtout à se baser sur les indicateurs de coût de production », complète Patrick Bénézit.

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« Il faut absolument qu’il y ait une contractualisation sur les femelles, c’est comme cela que l’on arrêtera la décapitalisation », a estimé M. Bernard. « On exporte chaque année entre 250 000 et 300 000 femelles en Italie, a rappelé cet éleveur nivernais (également vice-président de la FNB). Si nous étions capables de les contractualiser, avec un engraissement en France, elles seraient consommées en France », espère-t-il, car les consommateurs français privilégient la viande des animaux femelles. Et l’éleveur de rappeler que « pour avoir des mâles et des veaux, il faut commencer par avoir des vaches ».

« On exporte entre 250 000 et 300 000 femelles en Italie »