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Bovins vifs : un premier achat algérien au Brésil

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Alors que les relations sont tendues entre Alger et Paris et que la France exporte moins de bovins vifs, l’Algérie s’est tournée, pour la première fois, vers le Brésil à l’approche du pic de consommation du Ramadan.

C’est une conséquence inattendue de la décapitalisation en France : des bovins brésiliens ont traversé l’Atlantique, direction l’Algérie. Afin de se fournir en viande pour le Ramadan (qui a débuté le 23 mars), le pays méditerranéen a « acheté des bovins vifs finis auprès du Brésil », relève l’Institut de l’élevage (Idele) dans sa note mensuelle publiée le 21 mars. « Il s’agit d’une première » pour Alger, qui a « toujours préféré acheter des bovins vivants à l’UE pour leur qualité sanitaire », précise l’institut technique. « Depuis début 2023, le Ramadan approchant, l’Algérie souhaitait acheter des bovins finis » au détriment des broutards, privés de licences d’import. Mais le pays n’a pu se fournir ni auprès de la France ni auprès de l’Espagne, en raison d’un « manque de disponibilités pour l’une » et de « tensions politiques pour l’autre ».

Cette annonce intervient après plusieurs semaines de crise diplomatique entre Alger et Paris, suite à l’accueil de la dissidente franco-algérienne Amira Bouraoui en février. Une crise qui semblait se résoudre ces derniers jours : Abdelmadjid Tebboune doit se rendre en France début mai, selon la presse française. Ces achats sont aussi annoncés dans un contexte de baisse des expéditions françaises, de 7 % sur un an. Une chute directement liée à un manque de disponibilités et à la décapitalisation qui frappe le cheptel bovin. Et la tendance ne devrait pas s’inverser dans les prochains mois, alors que seuls 316 000 veaux sont nés en janvier de mère allaitante (-5,9 % en un an). Le cheptel de vaches allaitantes maintient son rythme de décrue à -3,1 % (3,57 millions de têtes au 1er février).

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Algérie, client presque marginal

L’Algérie est le troisième client de la France pour ses broutards. Avec 69 000 têtes en 2022, les envois vers Alger ont dépassé « le record pré-Covid de 2019 », selon l’Idele, après « deux années d’import réduit et de décapitalisation du cheptel ». Une performance qui a propulsé les exportations françaises à destination de l’ensemble des pays tiers vers un « record absolu », à 78 000 broutards (+24 % en un an). Mais l’exportation vers les pays tiers est presque marginale dans les expéditions françaises (1,06 million de broutards en 2022).

Le premier débouché des broutards français, c’est de loin l’Italie. Les expéditions transalpines « ont reculé plus modérément » que les autres destinations, remarque l’Idele : -5 % en 2022 (à 858 000 têtes). Une relative résistance qui s’explique par « la bonne demande italienne ». En revanche, les expéditions vers l’Espagne sont en chute libre (-28 % en 2022, -7 % début 2023). Principale explication, selon les experts de l’Idele : « l’obligation de vaccination contre la FCO (fièvre catarrhale ovine, NDLR) depuis septembre 2021 », qui « a réduit l’intérêt des éleveurs ».

Manque de disponibilité et tensions diplomatiques