« Si nous sommes réalistes, nous sommes capables de parvenir à un accord sur la première étape (des) négociations, à savoir le traité sur le Brexit, dans les six ou huit semaines », a affirmé le 10 septembre Michel Barnier au cours d’une conférence en Slovénie. Rappelant que « le Royaume-Uni a décidé de partir en mars de l’année prochaine », le 29 mars, le négociateur en chef de l’UE a estimé que, « en tenant compte du processus de ratification, de la Chambre des communes d’une part, du Parlement européen et du Conseil (les États membres), d’autre part, nous devons parvenir à un accord avant début novembre ».
À l’origine, l’ambition était de s’entendre sur un accord de retrait avant le sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union prévu le 18 octobre à Bruxelles. Cela paraît désormais peu probable, beaucoup à Bruxelles s’attendant à un sommet extraordinaire au mois de novembre.
Le Brexit sera par ailleurs au menu des dirigeants européens lors d’un sommet informel les 19 et 20 septembre à Salzbourg (Autriche).
« Hors de question »
Selon des commentaires publiés le 7 septembre par une commission parlementaire britannique qui avait été reçue par Michel Barnier, ce dernier a fait valoir que l’Union à 27 n’accepterait pas les propositions de Londres sur la création d’une zone de libre-échange après le Brexit et l’application aux frontières britanniques des « droits de douane et règles commerciales de l’UE pour les biens destinés à l’UE » (1).
Cela « remettrait en question l’intégrité même de notre marché unique […] C’est totalement hors de question », a-t-il dit aux parlementaires.
Des travailleurs saisonniers non-UE pour l’horticulture
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le Royaume-Uni a annoncé le 6 septembre qu’il allait autoriser ses producteurs horticoles à recruter jusqu’à 2 500 travailleurs saisonniers hors UE par an en 2019-2020 afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre saisonnière, un problème exacerbé par le Brexit.
Ces travailleurs se verront accorder un visa de six mois dans le cadre de cette mesure réclamée de longue date par les producteurs de fruits et légumes, confrontés à une baisse du nombre de saisonniers européens, originaires principalement de Roumanie et de Bulgarie.
(1) Voir n° 3655 du 30/07/18 et n° 3653 du 16/07/18
(2) Voir n° 3656-3657 du 03/09/18
Agroalimentaire : des stocks au cas où…
Le géant agroalimentaire Mondelez International (biscuits Lu et Oreo, chocolats Cadbury…) stocke des ingrédients en prévision d’un Brexit sans accord (2), a rapporté le Times du 11 septembre. « Nous nous préparons à un Brexit dur et, afin d’atténuer le choc pour Mondelez, nous stockons des niveaux plus élevés d’ingrédients et de produits finis », explique le président de Mondelez Europe, Hubert Weber, cité par le journal. Ajoutant que Mondelez avait échafaudé « un plan de secours » pour gérer un éventuel Brexit sans accord, « car comme le Royaume-Uni n’est pas autosuffisant en termes d’ingrédients alimentaires, cela pourrait être compliqué ».