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Brucellose : les pistes de l’Anses pour la biosécurité en alpage

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L’agence sanitaire propose une boîte à outils de onze mesures pour limiter la contamination des animaux en estive par les bouquetins porteurs de la brucellose. Tout en reconnaissant que la biosécurité reste « complexe » en montagne.

Dans un avis publié le 30 mars, l’Anses suggère plusieurs pistes pour renforcer la biosécurité en alpage afin d’éviter la contamination des ruminants par la brucellose, maladie diffusée par les bouquetins et transmissible à l’homme. Le rapport fixe quatre objectifs en la matière : « limiter le recoupement des aires d’usage entre bétail et ongulés sauvages » ; « éviter de créer des points d’attraction pour les ongulés sauvages » ; « éviter l’utilisation par le bétail de zones possiblement contaminées » ; et « limiter le risque de transmission directe ». L’agence sanitaire propose onze mesures, allant d’une modification des dates de montée en alpage au renforcement de la présence humaine, en passant par l’utilisation de chiens de protection ou de clôtures. L’Anses reconnaît que la biosécurité en montagne « est particulièrement complexe à mettre en place » et qu’elle doit passer par une « co-construction avec les acteurs de terrain ».

Par ailleurs, les experts recommandent de « renouveler le scénario de gestion recommandé pour le printemps 2026 » jusqu’en 2030 (avec réévaluation annuelle), soit entre 70 et 110 bouquetins testés, dont 20 à 55 capturés et marqués. L’Anses ne préconise pas d’étendre la zone de surveillance, hormis dans « l’extrême sud du massif des Aravis », l’un des deux massifs concernés avec celui du Bargy, dans les Alpes. Le rapport indique que l’extinction de la brucellose chez les bouquetins d’ici 2030 « paraît très peu probable », et qu’elle sera également « difficile, voire impossible à démontrer sur le court terme ».

« Préoccupation » dans le massif du Bargy

En 2025, treize bouquetins séropositifs ont été dénombrés dans le massif du Bargy, et aucun dans les Aravis. Comme ces deux massifs communiquent, « la situation épidémiologique dans le massif des Aravis ne pourra pas être considérée comme maîtrisée tant que le foyer de brucellose persistera dans le massif du Bargy ». Dans cette dernière zone, la situation épidémiologique « constitue une préoccupation », souligne l’Anses, « du fait de la résistance des brucelles dans l’environnement et de l’utilisation partagée des alpages par la faune domestique et la faune sauvage ».

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La brucellose a été détectée pour la première fois en 2012, avec deux cas humains et un cas en élevage ; un second foyer a ensuite été découvert en 2021 chez des vaches laitières. Provoquée par les bactéries du genre Bruxella, elle touche « la plupart des espèces de mammifères », dont l’homme, apprend-on sur le site de l’Anses. Chez les animaux, elle peut provoquer « des avortements, une réduction de fertilité et des pertes en lait ». La France est toujours considérée comme indemne.

YG

Extinction chez les bouquetins « très peu probable » d’ici 2030