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Producteurs de fruits Bruno Le Maire appuie l’idée d’un plan de développement du verger

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Au congrès de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF), qui s’est tenu à Dax (Landes) les 26 et 27 janvier, le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire a appuyé l’idée des producteurs de mettre en œuvre un plan de développement du verger français. Dans l’esprit du ministre, un tel plan doit être conçu dans la perspective d’un maintien, voire d’une augmentation de la production fruitière française, et d’une réduction des coûts.

«Je suis favorable au plan de développement (du verger français) que vous proposez, car ma politique est celle d’une augmentation de la production agricole française », a répondu Bruno Le Maire au président de la FNPF, Bruno Dupont. Ce dernier a souligné dans son discours de clôture de ce 65e congrès que la production de 2020 « doit être imaginée et installée aujourd’hui ».

Il faut augmenter la production agricole française
Dès le début de son discours, le ministre de l’Agriculture a affirmé sa conviction qu’une politique d’augmentation de la production agricole française doit être instaurée, afin de nourrir une population en augmentation, tant dans l’Hexagone qu’au-delà de ses frontières. « Tout cela ne viendra pas du ciel », a-t-il appuyé.
Le plan de développement arboricole français qu’a appelé de ses vœux Bruno Dupont devrait intégrer une modernisation des variétés, des regroupements de moyens des producteurs et surtout des replantations d’hectares. Les surfaces du verger français sont passées de 160 000 hectares en 2002 à 140 000 hectares en 2007, a-t-il indiqué dans son rapport d’orientation discuté le 26 janvier à l’ouverture du congrès.
Bruno Le Maire s’est montré désireux de faire avancer des dossiers qui piétinent et qui ont fortement irrité les producteurs. Comme par exemple l’inventaire du verger, demandé depuis 2000.

L’inventaire du verger enfin opérationnel cette année
Cet inventaire, qui permet de connaître le niveau des surfaces, leur localisation, avec les variétés plantées, « sera opérationnel avant l’été 2011 », a promis le ministre. Le 27 janvier au matin, lors des débats du congrès, plusieurs représentants ont élevé le ton, s’indignant que « les services de l’Etat sont capables de savoir qui a une piscine dans son jardin mais ne savent toujours pas comment quantifier les surfaces arboricoles. Comment est-ce crédible avec les moyens informatiques actuels ? », a notamment déclaré Pascal Clavier, secrétaire général adjoint de la FNPF.
Applaudi pour cette mesure tant attendue, Bruno Le Maire a renchéri : « Les vergers sont non seulement des outils de production mais aussi des éléments du paysage auxquels les Français sont attachés. On ne peut en appeler à Ronsard pour défendre les fruits et légumes et laisser dans le même temps disparaître l’arboriculture et le maraîchage ».
De même, concernant la caisse de solidarité « fruits » contre les aléas sanitaires, il a annoncé que son engagement de financer ces dépenses à hauteur de 65% « sera tenu ». Enfin, sur le dossier de la sharka, maladie virale des pêchers, abricotiers et pruniers, qui a fait des ravages dans la Drôme ces dernières années, les producteurs ont eu l’assurance qu’une convention sera signée « avant la fin avril » pour la mise en place d’un système d’indemnisation des producteurs sinistrés.

Droit de la concurrence : pour les fruits et légumes comme pour le lait
« Ma responsabilité, c’est de me battre en Europe pour modifier le droit de la concurrence », a encore déclaré Bruno Le Maire. Il a pris en compte les obstacles juridiques à la reconnaissance des AOP (associations d’organisations de producteurs). Là encore, le dossier du droit de la concurrence est un sujet d’irritation des producteurs, ceux-ci ne comprenant pas pourquoi l’Europe prône l’organisation économique mais taxe d’entente tout regroupement de producteurs. Bruno Le Maire a obtenu une modification du droit de la concurrence pour les producteurs de lait, il ne voit « pas pourquoi on ne ferait pas de même pour les fruits et légumes ». Il s’est déclaré « prêt à saisir la Commission » sur cette question.
S’agissant de la contractualisation, il a indiqué qu’un médiateur pour le contrat dans les fruits et légumes sera bientôt nommé et qu’il ne reportera « pas d’un seul jour » la mise en place du contrat, fixée au 1er mars.

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