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Gel des dépenses Bruno Le Maire reconnaît que certaines aides « immédiates » ne seront pas versées

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Le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire a reconnu le 9 mai qu’en raison de la décision du gel des dépenses de l’État annoncée le 6 mai par le Premier ministre François Fillon, il ne « pourrait pas verser » certaines aides qu’il avait envisagées pour les agriculteurs. « Nous prendrons notre part à l’effort comme toutes les administrations, a expliqué Bruno Le Maire lors de l’émission Grand Jury RTL/ Le Figaro/LCI.

François Fillon a annoncé, le 6 mai, que les dépenses de l’État seraient « gelées en valeur » entre 2011 et 2013. L’agriculture ne fera pas exception à cette politique de rigueur qui ne dit pas son nom. Bruno Le Maire a reconnu le 9 mai qu’en raison que cette décision, il ne « pourrait pas verser » certaines aides qu’il avait envisagées pour les agriculteurs.
« Il est évident que sur un certain nombre d’aides qu’on aurait pu envisager secteur par secteur (…), eh bien nous allons devoir y renoncer (…) parce que c’est comme cela qu’on va réduire les dépenses publiques », a insisté le ministre. Bruno Le Maire a précisé qu’il s’agissait « d’aides immédiates que j’aurais souhaité verser, je ne dirai pas dans quelles filières, que je ne pourrai pas verser », a reconnu le ministre de l’Agriculture lors de l’émission Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI. Du côté de l’entourage du ministre, on tient à se montrer rassurant, cette politique de gel des dépenses ne touchera pas ce qui a déjà été annoncé par le ministre.

Plus de logique de guichet
Les futurs plans de développement des filières agricoles devraient échapper à cette rigueur budgétaire, indique l’entourage du ministre. Dans le cadre du bilan de santé de la Pac, deux mesures techniques permettent de débloquer de l’argent pour venir en aide aux secteurs laitiers par exemple comme l’article 68 et le fonds destiné « aux nouveaux défis » Ces possibilités pourraient être utilisées par la France dans le cadre du futur plan de développement de la filière laitière annoncé par Bruno Le Maire, indiquaient des sources professionnelles il y a une dizaine de jours. Mais certaines de ces mesures doivent être cofinancées par la France. Ce qui pourrait poser un problème en ces temps de vaches maigres. Du côté de l’entourage du ministre, on assure que ce qui doit être fait dans le cadre de ces plans le sera. Les aides visées par le ministre sont donc purement conjoncturelles et sectorielles. Elles regroupent « toutes les demandes qui ont été faites dernièrement ». On pense évidemment aux céréaliers dénonçant notamment les conséquences du bilan de santé de la Pac sur leur DPU à l’hectare qui sont pour l’heure toujours bredouilles malgré leur forte mobilisation du 27 avril. Dans ce contexte, le ministre privilégie logiquement des mesures structurelles, sur le long terme.

Virage
« Ce n’est pas les aides qui seront la solution (…), et je crois que chaque paysan français en est profondément convaincu », a ajouté Bruno Le Maire, le 9 mai. « Ce qui leur permettra de s’en sortir (…), c’est tout ce que nous mettons en place avec le président de la République pour faire prendre à l’agriculture française le tournant qu’elle doit prendre, a souligné Bruno Le Maire. Ma responsabilité est de leur dire, à la sortie de cette crise qui bouleverse totalement la donne mondiale (…), on va s’en sortir. Je vais vous donner les instruments de compétitivité, des instruments de régulation européenne qui vont permettre à chaque paysan en France de s’en sortir ».

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