Les industries chimiques, trouvant le sucre européen trop cher, ont convaincu Bruxelles de leur permettre de s’approvisionner sur le marché mondial.
Mariann Fischer Boel a annoncé lors du Conseil agricole de l’UE, le 19 décembre à Bruxelles, la présentation au comité de gestion, le 21 décembre, d’une proposition visant à ouvrir un quota d’importation de quelque 200 000 tonnes pour permettre à l’industrie chimique de s’approvisionner au prix mondial, faute de trouver les quantités nécessaires sur le marché communautaire. Le quota d’importation de sucre envisagé par la Commission, sur lequel le comité de gestion ne devrait voter qu’en janvier, resterait ouvert juqu’à la fin de la campagne 2006/07 (septembre). Son ouverture est justifiée, selon Mariann Fischer Boel, par un « paradoxe » : une production communautaire excédentaire et l’impossibilité pour l’industrie chimique de trouver dans l’UE les quantités dont elle a besoin au prix mondial.
Cette initiative a suscité une forte opposition de la part des planteurs et des industries sucrières français et européens, qui l’ont exprimé auprès de la Commission européenne. Ils parlent d « ’intox » de la part des chimistes pour faire baisser les prix. « Ces 200 000 tonnes importées vont être une nouvelle source de sucre qui va déséquilibrer d’autant le bilan sucrier européen», a regretté Alain Jeanroy, directeur général de la CGB.
Restructuration : des engagements toujours très insuffisants
La commissaire à l’agriculture a par ailleurs précisé que les engagements d’abandon de quotas de sucre pour 2007/08, deuxième année d’application du programme de restructuration instauré par la réforme du secteur, étaient à ce stade supérieurs de 300 000 tonnes au chiffre de 700 000 tonnes annoncé en novembre.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Les demandes devant être déposées d’ici janvier pour obtenir l’aide, qui sera réduite l’année suivante, ce total de 1 million de tonnes est très au-dessous « des 3,5 millions de tonnes attendues », ce qui laisse présager pour l’exercice 2007/08 « un excédent structurel » important, se sont inquiétés les ministres autrichien et allemand, qui ont évalué celui-ci à 4,5 millions de tonnes (sans compter l’abondon supplémentaire estimé de 300 000 tonnes par rapport au mois dernier).
Si ce déséquilibre n’est pas corrigé, il faudra décider en 2010 une réduction obligatoire des quotas qui frapperait tous les producteurs, même les plus efficaces, a une nouvelle fois averti Mme Fischer Boel.
La commissaire européenne a aussi réaffirmé, en réponse à une demande de l’Autriche et de l’Allemagne, qu’il n’existait plus, dans la nouvelle organisation commune du marché, de base juridique pour procéder à une opération de retrait anticipé de sucre du marché afin d’alléger ce dernier.