Soucieuse d’éviter un nouveau conflit à l’OMC sur le vin entre l’UE et les Etats-Unis, la Commission européenne tente d’arracher un accord bilatéral dans ce secteur susceptible de donner satisfaction aux deux parties. L’idée est de lâcher du lest sur les pratiques œnologiques en vigueur outre-Atlantique, en échange de concessions américaines ultérieures sur la question des dénominations communautaires. Les négociations engagées avec l’Australie sur les mêmes sujets semblent, en revanche, avancer plus rapidement.
La Commission veut convaincre les Etats membres d’accepter un accord en deux parties sur le commerce des vins entre la Communauté européenne et les Etats-Unis. L’Union accepterait dans un premier temps certaines pratiques œnologiques américaines non admises en Europe. La contrepartie future serait l’acceptation par les Etats-Unis de la réduction à terme des vins semi-génériques via la non-reconduction de certification américaine utilisant des dénominations communautaires protégées.
Lors d’une récente réunion des experts agricoles des 25 à Bruxelles, l’Italie a fait part de ses réticences à l’encontre d’un accord en deux phases, tandis que l’Allemagne, l’Autriche et le Portugal estiment préférables de parvenir à un accord ayant un contenu fiable plutôt que de vouloir conclure à tout prix sous prétexte que l’arrangement provisoire permettant la vente dans l’UE de vins américains élaborés selon des méthodes de vinification non autorisées dans l’UE vient à échéance fin 2005.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Avant de donner leur aval à une reconnaissance mutuelle des pratiques œnologiques américaines, les principaux Etats membres producteurs souhaitent obtenir davantage d’informations dans ce domaine dans la mesure où les Etats-Unis autorisent actuellement 86 pratiques différentes pour la fabrication des vins, dont 25 ont été acceptées cette année. Ils s’interrogent notamment sur l’impact de ces pratiques tant sur la santé que sur le plan économique ainsi que sur leur conformité avec de bonnes pratiques de fabrication des vins. La France veut en savoir plus sur les 25 nouvelles pratiques, en particulier sur celles concernant les arômes (par exemple les concentrés de parfum de fruits). Pour des raisons liées aux coûts de production, Paris émet des doutes sur la possibilité de pouvoir conserver les règles œnologiques européennes si l’Union accepte définitivement les pratiques américaines.