La Commission européenne a indiqué le 6 avril avoir repoussé au 19 juin l’adoption de nouvelles pratiques œnologiques, dont l’autorisation contestée par la France de fabriquer du vin rosé en coupant du rouge avec du blanc. Opposés à cette pratique, plusieurs députés européens ont demandé un débat en session plénière du Parlement en invoquant la protection des consommateurs.
Les experts de l’UE devaient adopter définitivement le 27 avril le règlement levant l’interdiction du coupage des vins blanc et rouge. Mais leur décision a été reportée au 19 juin, car l’Organisation mondiale du commerce (OMC) – qui doit d’abord confirmer que ces nouvelles pratiques sont conformes avec ses règles – a elle même repoussé son verdict jusqu’en juin, à la demande de certains de ses membres dont les Etats-Unis, a fait savoir un porte-parole de la Commission. Celui-ci a indiqué que la commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer-Boel, a prévenu le 6 avril le ministre français de l’agriculture, Michel Barnier, de ce report. Elle lui a indiqué « clairement qu’elle était prête à trouver une solution pour la France dans le cadre des règles d’étiquetage mais qu’elle ne rouvrirait pas le paquet sur les pratiques œnologiques », a précisé son porte-parole.
La position de la France est « difficile » car elle est « isolée »
La position de la France est « difficile parce qu’elle est isolée », a déclaré le 6 avril M.Barnier. Interrogé sur la radio France Info sur la décision de Bruxelles de reporter d’un mois sa décision sur le sujet, le ministre s’est félicité que la Commission poursuive et prenne « le temps du dialogue ». Il ne s’est toutefois pas montré optimiste. « Ce qui est vrai c’est que nous sommes assez isolés pour préserver ces vins rosés traditionnels puisque la plupart de nos partenaires et voisins sont d’accord pour autoriser ces vins de coupage », a-t-il déclaré. « Néanmoins je ne désespère pas de faire avancer ce dossier », a-t-il ajouté.
Mobilisation de plusieurs parlementaires européens
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Dominique Vlasto, députée européenne (UMP, PPE-DE, Fr) et adjointe au maire de Marseille, se félicite de la décision de la Commission européenne de reporter l’adoption du règlement levant l’interdiction du coupage des vins blanc et rouge. Selon elle, il faut utiliser le délai qui s’ouvre à présent pour clarifier la question de l’étiquetage des vins qui seront issus du coupage. Etiqueter « vin rosé » un vin coupé revient tout simplement à abuser les consommateurs sur la nature du produit qu’ils achètent, a-t-elle indiqué en substance. Mme Vlasto a indiqué avoir demandé avec d’autres parlementaires l’organisation d’un débat à ce sujet en séance plénière du Parlement européen.
« Dans mon esprit, a expliqué Mme Vlasto, il est clair que ce sont les vins coupés qui doivent comporter une mention spéciale sur leur étiquette : vins coupés ou vins mélangés mais certainement pas vins rosés ». « Quant au vin rosé traditionnel,a-t-elle ajouté, il me paraît scandaleux de proposer que ce soit lui qui doive être étiqueté sous mention particulière : cela reviendrait à faire une exception de la pratique œnologique traditionnelle et à ruiner les efforts de milliers de viticulteurs européens grâce auxquels les vins rosés sont devenus des vins à part entière ».