L’Allemagne et la France ont dévoilé, le 18 mai, une initiative commune visant à autoriser la Commission européenne à emprunter sur les marchés au nom de l’UE pour élaborer un Fonds de relance européen doté de 500 milliards € et destiné à aider les pays et les secteurs d’activité les plus touchés par la pandémie de Covid-19 à se relever. Les fonds ainsi levés seraient transférés uniquement par des subventions aux territoires et aux secteurs d’activité les plus touchés, notamment via la politique de cohésion.
Le président français Emmanuel Macron a précisé que ce fonds est partie intégrante d’un accord plus large entre les deux gouvernements, dont les « quatre piliers » sont : « la protection sanitaire, la relance budgétaire, la transition écologique et la souveraineté économique ».
Mais, comme le refuse l’Allemagne, il n’y aura pas de mutualisation de la dette, chaque État membre restant responsable au budget de l’UE à hauteur de sa contribution nationale. Une proposition qui va dans le sens de ce que prépare la Commission européenne pour son cadre financier pluriannuel 2021-2027 révisé et son Fonds de relance européen qui seront dévoilés le 27 mai (1). Mais le club dit des « quatre frugaux » – l’Autriche, les Pays-Bas, la Suède et le Danemark – a déjà fait savoir qu’il s’opposerait à la proposition franco-allemande.
Le Parlement européen a, lui, réclamé, dans une résolution adoptée à une large majorité le 15 mai, un plan de relance de 2 000 milliards € pour sortir de la crise et que ce fonds de relance s’inscrive dans un cadre financier pluriannuel 2021-2027 « revu à la hausse et qui comporte de nouvelles ressources propres ». Les députés demandent que les investissements aient lieu en priorité dans le green deal européen et la stratégie numérique et ils insistent sur la création d’un nouveau programme européen en faveur de la santé.
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(1) Voir n° 3741 du 11/05/2020
L’agriculture « secteur essentiel » du plan de relance de l’UE, pour la FNSEA et le DBV
Dans un communiqué commun diffusé après un échange entre leurs présidents le 19 mai, les deux principaux syndicats français, la FNSEA, et allemand, le DBV, demandent que l’agriculture soit « traitée comme un secteur essentiel, dans le cadre du plan de relance européen ». La veille, les présidents français et allemand ont proposé que l’UE emprunte 500 milliards €, afin d’abonder le plan de relance post-Covid-19 que la Commission doit présenter le 27 mai. Dans ce cadre, les agriculteurs des deux rives du Rhin réclament « des fonds pour les investissements et les innovations ». « La production de denrées alimentaires sur le territoire européen est un enjeu de société. La crise du Covid-19 l’a pleinement démontré », justifient-ils. Par ailleurs, les deux syndicats « s’opposent au recours à la réserve de crise » de la Pac pour venir en aide aux agriculteurs face aux répercussions du Covid-19. Ils sont favorables à un budget de crise qui « devrait être financé hors Pac ». Enfin, la FNSEA et le DBV estiment que les stratégies de la fourche à la fourchette et biodiversité « auraient dû être reportées car elles impliqueront le secteur agricole ».