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Bysco cherche à financer sa deuxième ligne de production

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Bysco transforme le byssus de moules en matériaux d’isolation et d’absorption acoustique. Crédits : © Bysco

La société Bysco récupère le byssus de moules, pour produire une fibre qui est ensuite transformée en matériaux d’isolation et d’absorption acoustique pour les aménagements intérieurs, les camping-car ou les bateaux. La société est en cours de levée de fonds pour financer une phase d’industrialisation pour augmenter sa production. 

Co-skipper durant ses études d’ingénieur, Robin Maquet a travaillé pour son projet de fin d’études  sur les moyens de réduire le bilan carbone des bateaux, sachant que les matériaux de construction sont le plus gros poste d’émission. « Je connaissais la soie de moules, j’ai fait des prototypes qui ont fonctionné et c’est comme ça qu’est née l’entreprise Bysco en 2021 », raconte le fondateur.

Bysco récupère le byssus, cette fibre élastique, résistante au soleil à l’eau et au sel, que produisent par les moules pour s’accrocher aux rochers et autres cordes de culture, chez ses partenaires mytiliculteurs. Des producteurs, qui payent normalement 200 euros par tonnes chez Véolia pour être débarrassés de ce matériau biosourcé considéré comme un déchet. « Les producteurs arrachent environ 3g de byssus par kilo de moules. On trouve environ 2000 tonnes de cette matière première sur le marché français et environ 16 000 tonnes à l’échelle européenne », selon Robin Maquet.

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Une levée de fonds en cours

Une fois récupéré, le byssus de moule doit être trié pour enlever les morceaux de coquille et autres matières organiques et plastiques, avant d’être lavé, essoré et séché pour en faire des balles de byssus, comme ce qui se fait avec de la laine de mouton notamment. Bysco envoi ensuite ces balles à une usine textile dans les Hauts de France pour être transformées en matériaux d’isolation et d’absorption acoustique, principalement utilisés en aménagement intérieur et dans la mobilité (camping-car, nautisme). Les balles peuvent aussi être vendues directement à des spécialistes textiles. « Nous avons un brevet sur les matériaux textiles que nous vendons et dont nous sous-traitons pour l’instant la production », détaille Robin Maquet, qui prévoit « d’investir dans des lignes de production textile dans un second temps. Pour le moment, nous sommes en pleine phase d’industrialisation, pour développer au maximum notre technologie, nos brevets et notre outil de production de fibres, afin d’être leader sur la filière du byssus ».

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L’an dernier, Bysco, dont les machines ont été dessinées, mises au point et fabriquées en interne, a produit 2 tonnes de fibres. « Nous avons pour projet de multiplier la production annuelle par 50, autour d’une centaine de tonnes. Nous venons de lever 300 000 euros auprès de business angels et nous lançons une deuxième tranche de financement auprès d’autres investisseurs pour obtenir 400 000 euros supplémentaires. Grâce aux leviers bancaires et autres subventions, nous comptons disposer d’un peu moins de 2 millions d’euros au final. Ceci nous permettra d’installer la deuxième version de notre ligne de production qui sera semi automatisée, pour atteindre notre objectif de production ». Par la suite, Bysco qui continue de travailler sur des process en R&D, vise une troisième version de ligne de production entièrement mécanisée et robotisée.