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Cancers pédiatriques, lien « léger » avec la densité de vignes avoisinantes

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L'institut de recherche médicale a publié une étude mettant en avant un lien «léger» entre leucémies lymphoblastiques et densité de vignes avoisinantes.

Dans un communiqué publié le 18 octobre, l’Inserm (recherche médicale) présente les premiers résultats consolidés de l’étude Geocap, qui visait à examiner l’association suspectée entre le risque de leucémie chez les enfants de moins de 15 ans et la proximité de leur lieu de résidence avec des vignes. Une alerte avait été lancée par le CHU de Poitiers en 2018 après une série de cas géographiquement proches dans la région, suspectant un lien avec les pesticides épandus en vigne. Selon l’étude conduite à l’échelle nationale par l’Inserm, le risque de leucémie chez l’enfant n’augmente pas avec « la simple présence de vignes à moins de 1 000 m de l’adresse de résidence ». Elle n’est « pas plus fréquente » chez les enfants atteints de leucémie (9,3 %) que chez les témoins (10 %). En revanche, le risque augmente « légèrement » en fonction de « la surface totale des vignes présentes dans ce périmètre ». Dans le détail, le risque de développer une leucémie de type « lymphoblastique » (80 % des leucémies pédiatriques) augmente « de près de 10 % » quand la part couverte par les vignes « augmente de 10 % ». L’augmentation du risque est toutefois moindre (4 %) si l’on prend en compte l’ensemble des leucémies aiguës. Et selon les régions, les résultats se révèlent hétérogènes, avec des associations plus nettes entre le risque de leucémie pédiatrique et l’habitation près de vignes en Pays de la Loire, Grand-Est, Occitanie, ou Provence-Alpes-Côte d’Azur-Corse.

Les chercheurs se sont appuyés sur les données du Registre national des cancers de l’enfant sur la période 2006-2013 et de cartes d’assolements. Des travaux se poursuivent sur d’autres cultures et d’autres cancers, annonce l’Inserm. La leucémie est une maladie rare chez l’enfant, son incidence est de l’ordre de 45 cas pour 1 million d’enfants par an. En septembre, près de 500 personnes ont défilé à La Rochelle pour demander l’arrêt des pesticides, faisant suite à l’alerte du CHU de Poitiers.

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Réagissant à la parution de l'étude, l'association Générations futures plaide, dans un communiqué le jour même, pour «une extension forte des zones non traitées en bordure des cultures» au nom du «principe de précaution». Pour l'ONG, l'étude montre que «le discours sur l’absence de risques pour les populations vivant au-delà de 5 m et 10 m des cultures (basses et hautes) ne tient pas». Par ailleurs, elle demande «un accès complet et en temps réel aux données d’utilisation des pesticides à la parcelle», et un «vaste plan de conversion de notre agriculture vers un modèle agricole vraiment durable, tel que l’agriculture biologique.»

Le risque augmente « de près de 10 % » quand la part couverte par les vignes « augmente de 10 % ».