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Capillum développe des solutions de paillages écologiques pour les cultures

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Clément Baldellou et James Taylor, cofondateurs de Capillum, présentent leur solution de paillage Crédits : © Capillum

Capillum a mis au point un nouveau matériau de paillage écologique pour les cultures en remplacement des bâches en plastique, fabriqué à base de cheveux et de laine de mouton effilochée, l’un comme l’autre considérés comme des déchets. Ce matériau biodégradable permet de réduire l’apport en eau de 33%, limite le désherbage et les écarts de température et sert de barrière aux escargots et aux limaces.

Utiliser un déchet d’aujourd’hui pour en faire une ressource de demain, le principe n’est pas nouveau. Pour Capillum, la nouveauté repose sur les déchets choisis : les cheveux. « En France 4000 tonnes de déchets capillaires finissent dans les ordures ménagères et les cheveux représentent 60% des déchets d’un salon de coiffure », indique Clément Baldellou, cofondateur de cette start-up avec James Taylor. Les associés comptent bien « créer la première filière circulaire et vertueuse de recyclage de cheveux pour en faire la fibre de demain » en développer des solutions de paillage écologique pour les cultures, en remplacement notamment des bâches en plastique.

La société a déjà déposé trois brevets pour la conception d’un nouveau matériau, qui « combine en majorité des cheveux et de la laine de mouton effilochée 100% française, elle aussi destinée à être jetée, qui fait office de liant », explique Clément Baldellou. Leur process a été mis au point dans un ancien site textile du nord de la France. D’ici deux ans, Capillum aimerait disposer de son propre site de production. La société qui est hébergée par l'accélérateur Village by CA Centre France, a déjà obtenu un financement de 1,3 million d’euros auprès du Crédit Agricole.

Ce matériau biodégradable qui se présente sous la forme d’un tapis de paillage ou d’un disque à mettre autour d’un tronc ou d’une plante, permet de réduire l’apport en eau de 33%, limite le désherbage et les écarts de température et sert de barrière aux escargots et aux limaces, compte tenu du caractère abrasif des cheveux. Le cheveu est également un excellent dépolluant, capable d’absorber jusqu'à 8 fois son poids en hydrocarbures. Ce produit de paillage est utilisé aujourd’hui aussi bien par des particuliers que par des collectivités locales et des entreprises.

Développer une économie circulaire et citoyenne

Tous les mois, Capillum reçoit environ 300 nouvelles demandes d’adhésion de salons de coiffure à son réseau qui en compte déjà 3000. Et le potentiel est là, avec quelques 80 000 salons de coiffure et 20 000 coiffeurs à domicile en France. Plusieurs formules s’offrent aux coiffeurs adhérents, soit déposer directement leurs déchets capillaires dans un des 70 points de collecte disponibles en France, soit acheter un kit de recyclage (bacs, sacs, plaquettes de communication pour les clients…) pour une collecte en point relais ou au salon, pour un prix bien inférieur à celui de la taxe annuelle sur les ordures ménagères. Une taxe dont les coiffeurs relevant du Sictom de Pézenas-Agde partenaires de Capillum sont maintenant exonérés grâce à une démarche de Clément Baldellou, qui aimerait « réussir à faire bouger les lois pour que tous les salons qui recyclent leur déchets capillaires en bénéficient eux aussi ».

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A terme, Capillum compte se déployer au-delà des frontières, dans un premier temps dans les pays voisins limitrophes à la France. La société envisage également d’autres développement dans le bio médical en utilisant la kératine du cheveu.