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Carbone agricole : Bruxelles publie les règles pour l’utilisation du Biochar

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La Commission européenne a publié un premier projet de règlement encadrant les méthodes de certification des activités d’absorption définitive de carbone, dont le biochar pouvant être épandu sur les sols agricoles.

La Commission européenne a ouvert, en juillet (et jusqu’au 22 septembre), un appel à contributions sur son projet de règlement délégué qui établit les méthodes de certification des activités d’absorption de carbone dans lesquelles le CO2 capté dans l’atmosphère est stocké de manière permanente. Parmi elles, figure le biochar. Obtenu par pyrolyse de résidus organiques, ce charbon végétal pour être épandu sur les sols agricoles.

Le projet de texte, que l’exécutif prévoit d’adopter avant la fin de l’année, concerne aussi les activités de captage direct du dioxyde de carbone dans l’atmosphère (DACCS) et de captage biogénique (BioCCS), c’est-à-dire le stockage de ce CO2 dans les matières organiques par injection sur un site géologique. Le texte établit des exigences garantissant la conformité des activités aux critères de qualité définis dans le règlement relatif au cadre pour la certification des absorptions de carbone adopté fin 2024.

Lire aussi : Certification des absorptions de carbone : les États membres valident définitivement le texte

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Pour le biochar, le texte précise notamment ses conditions de production : qui imposent le chauffage de la biomasse à des températures d’au moins 350 °C, de capter ou détruire intégralement le méthane produit par le biochar et d’utiliser la chaleur coproduite pour le séchage de la biomasse ou pour satisfaire une autre demande de chaleur économiquement justifiable.

Les méthodes agricoles dans un second temps

L’épandage de biochar au sol – sur les sols agricoles ou forestiers, dans l’aménagement paysager ou pour la couverture journalière des décharges ou pour le comblement des trous (mines, puits de pétrole désaffectés…) – doit être limité à 50 tonnes par hectare. L’opérateur doit calculer les éliminations totales de carbone conformément à une équation définie dans le règlement.

Pour ce qui est de la certification des absorptions de carbone agricole à proprement parler, les premières méthodologies devraient, elles, être officiellement adoptées en 2026. La Commission européenne, aidée par un groupe d’experts, est en train de les finaliser. Une première liste dans laquelle ne figurera pas la question du méthane issu de l’élevage qui sera, elle, examinée dans un second temps. Le cadre de certification des absorptions de carbone, notamment agricole, ouvre la voie à une monétisation de crédits carbone soit par de l’argent public (dont la Pac), soit par des fonds privés venant notamment d’entreprises souhaitant compenser certaines de leurs émissions.