La profession viticole qui s’inquiète, par la voix du président des coopératives, Denis Verdier, de certaines propositions faites par Jean-Louis Borloo lors du Grenelle de l’Environnement, demande au ministre de l’Agriculture de la recevoir au plus vite pour ouvrir le chantier du plan de restructuration annoncé et voir comment résister au projet extrêmement libéral de réforme de l’OCM vin qu’entend mener la Commission européenne.
Dans une lettre ouverte à Michel Barnier, le président de CCVF (Vignerons coopérateurs de France) insiste sur l’urgence qu’il y a à « ouvrir une négociation dans la durée sur les grands rendez-vous qui attendent la filière de la vigne et du vin de France. Le ministre a en effet en charge d’engager un plan de restructuration et de relance sur cinq ans de la filière et de la production viticole pour permettre la reconquête des parts de marché mondiales perdues et garantir l’accompagnement social des producteurs en difficultés », relève le président Verdier.
« Cette démarche, écrit Denis Verdier, si elle voit le jour, doit permettre de redonner espoir aux hommes et aux femmes qui vivent de ce métier : il convient donc de la mettre en place rapidement dans le cadre d’une concertation approfondie avec les professionnels. Ainsi, sur un plan général, dans le débat actuel suscité par les travaux menés sous l’autorité de M. Borloo, le développement de notre viticulture doit être clairement envisagé dans un équilibre entre les aspects économiques, la cohésion sociale et la préservation de l’environnement. En un mot, il faut concilier croissance économique, compétitivité, conquête de parts de marché, à l’export notamment, avec les impératifs des trois piliers du développement durable. Notre profession est ouverte au dialogue mais inquiète de certaines propositions relevées dans les comptes-rendus du Grenelle de l’environnement qui, si elles étaient brutalement appliquées, casseraient toute chance d’exister pour nos entreprises ».
Pour la CCVF, « préparer l’avenir pour les cinq ans c’est tout d’abord :
– accompagner la restructuration de nos entreprises trop émiettées face à la concurrence étrangère et favoriser l’émergence de leaders qui en partenariat avec les vignerons contribueront à reprendre le terrain perdu à l’exportation ;
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– favoriser la promotion de nos produits en cohérence avec les démarches d’entreprises afin d’encourager les investissements commerciaux porteurs d’avenir. Dans ce domaine, pour construire une nouvelle politique négociée dans l’OCM et avec des moyens budgétaires nouveaux, il est indispensable d’évaluer et d’améliorer les circuits et les règles actuels d’intervention des aides publiques ou parapubliques qui ont montré leurs limites ;
– renforcer l’organisation des producteurs et le développement des interprofessions au sein desquelles les métiers doivent être présents pour peser sur la formation de prix et le partage de la valeur ajoutée. Dans le cadre de l’OCM, il faudra aussi conserver des mécanismes de gestion de crise indispensables à la stabilité des cours.
La filière viticole, qui juge nécessaire « d’utiliser la faible récolte actuelle pour obtenir une valorisation raisonnée des prix », veut « faire comprendre à la grande distribution que les prix de revient dans notre secteur ont augmenté et que depuis plusieurs campagnes les cours sont à un niveau qui ne permet plus d’assurer l’équilibre des comptes d’exploitation dans de nombreuses régions viticoles (…). Pour recréer l’espoir, c’est vers une augmentation des prix de vente à la propriété qu’il faut tendre durablement. L’ensemble de la filière doit y travailler ».