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Chocolat/Acquisition Cémoi s’engage sur le marché polonais

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Avec un chiffre d’affaires de 450 millions d’euros, Cémoi vient d’acquérir la société polonaise Gryf, une usine spécialisée dans la transformation de fèves de cacao, marquant ainsi son premier pas dans les pays de l’Est. Le chocolatier réfléchit d’ores et déjà à de futurs autres projets en Pologne soit par une croissance externe soit par la création d’une nouvelle unité.

Le chocolatier Cémoi vient de finaliser l’acquisition de l’entreprise Gryf, implantée à Stettin, un port du nord de la Pologne. Le groupe installé à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, se dote ainsi d’une seconde usine de transformation de fèves de cacao et augmente ses capacités de production de 15 000 tonnes de fèves transformées et de 20 000 tonnes de produits finis principalement de chocolat liquide. Arrivée à saturation, sa première usine de trituration est basée à Abidjan, en Côte d’Ivoire, où il transforme environ 70 000 tonnes de fèves de cacao. « Pour l’instant, l’activité de l’usine polonaise tourne au ralenti du fait de la concurrence intense sur ce secteur et du management qui manquait d’expérience », explique Thierry Dubois, directeur général adjoint de Cémoi, qui précise qu’« une extension de l’usine est prévue pour atteindre 22 000 tonnes en traitement de fèves et 25 000 tonnes en produits finis ». Au total, le groupe possède désormais 12 usines : outre à Abidjan et maintenant en Pologne, Cémoi détient sept sites en France, un en Espagne, un au Royaume-Uni et un en Allemagne, ces usines ne transformant pas de matières premières. Un des leaders de la commercialisation de tablettes de chocolat sous MDD, Cémoi se positionne comme le troisième intervenant en France dans le secteur du chocolat industriel loin derrière Barry Callebaut et Cargill.

60 à 65 % des volumes en chocolat industriel

« Nous souhaitons développer notre activité dans le chocolat industriel mais pas au détriment des produits finis sous MDD. En Pologne, notre but était également de suivre nos clients distributeurs et de fabriquer pour eux les produits de consommation », indique Thierry Dubois. Et ce, aussi bien en Pologne que dans les pays limitrophes. Pour le moment, le groupe Cémoi ne regarde pas vers l’Ukraine et la Russie où le groupe suisse Barry Callebaut est d’ailleurs implanté, exception faite pour « des marchés d’opportunité» . S’il réalise, à l’heure actuelle, 50 % de ses volumes dans le chocolat industriel et 35 % de son chiffre d’affaires, le groupe Cémoi se fixe comme objectif d’augmenter ce pourcentage entre 60 et 65 % de ses volumes totaux. « Les possibilités de croissance restent relativement importantes car les volumes vendus aux industriels sont plus conséquents », note Thierry Dubois.

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Seconde plate-forme logistique

En France, le groupe vient d’investir 6 millions d’euros pour se doter d’une seconde plate-forme logistique, à Mâcon, en Saône-et-Loire. S’étendant sur une surface de 12 000 mètres carrés, elle complètera la première installée à Arras, dans le Nord. Employant 30 personnes, ce nouvel outil devrait être opérationnel à la mi-juillet. « Cela reste un projet d’ampleur de par son investissement financier mais ne changera pas le cours d’affaires du groupe. Cette nouvelle plate-forme nous permettra de mieux servir nos clients », indique Thierry Dubois.

En 2006, le groupe Cémoi a réalisé un chiffre d’affaires de 450 millions d’euros pour un bénéfice en recul à 11 millions d’euros. Le chocolatier attend une bonne progression pour l’année 2007 malgré la hausse des matières premières du cacao et du lait dont le coût supplémentaire est estimé par le groupe entre 5 et 7 millions d’euros. En outre, réalisant 15 % de son chiffre d’affaires à l’export, Cémoi souhaite doubler cette part d’ici 2010.