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Perturbateurs endocriniens Cent scientifiques dénoncent la "manipulation de la science"

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"Le projet d’établir une réglementation […] européenne est activement combattu par des scientifiques fortement liés à des intérêts industriels, produisant l’impression d’une absence de consensus, là où il n’y a pourtant pas de controverse scientifique", estiment près de cent scientifiques européens et américains, signataires d’une tribune publiée par Le Monde le 29 novembre. L’endocrinologue du CNRS Barbara Demeneix et le toxicologue de l’université britannique de Brunel Andreas Kortenkamp font partie des signataires. Ils dénoncent les "intérêts industriels" qui "déforment délibérément des preuves scientifiques" pour empêcher la réglementation des perturbateurs endocriniens.

Selon eux, "la très grande majorité des scientifiques activement engagés dans la recherche des causes (de l’augmentation des maladies en lien avec le système hormonal) s’accordent pour dire que plusieurs facteurs y contribuent, dont les produits chimiques capables d’interférer avec le système hormonal", appelés perturbateurs endocriniens.

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Avec plus de deux ans de retard, la Commission a proposé en juin une définition qui qualifie de perturbateur endocrinien toute substance ayant des effets indésirables sur la santé et sur le système hormonal, et dont le lien entre les deux est prouvé. Cette proposition "requiert un niveau de preuve bien plus élevé que pour d’autres substances dangereuses, comme celles cancérigènes. Dans la pratique, il sera très difficile de reconnaître une substance dangereuse comme perturbateur endocrinien", avertit la tribune.

Ses signataires appellent à la constitution d’un groupe d’experts placés sous les auspices de l’ONU, à l’instar du GIEC créé pour l’étude du climat, pour "mettre la science à l’abri de l’influence des intérêts privés".