Les attentes des viticulteurs de voir arriver des cépages résistants aux maladies sont fortes. Mais les préalables administratifs aux classements de ces cépages permettant de moins traiter chimiquement créent une vive impatience dans le Languedoc viticole. FranceAgriMer rendra un avis le 19 octobre sur une liste de 24 ou 25 cépages présentés par les professionnels.
Un avis du Comité technique permanent de la sélection (CTPS) annonçant, le 29 septembre, le report à décembre de l’examen de 10 cépages résistants a mis en ébullition le Languedoc viticole. Jacques Gravegeal, président de l’IGP Pays d’Oc, a vivement réagi dans une lettre ouverte à Stéphane Le Foll, dès le 30 septembre. « Les cépages demandés sont tous inscrits dans d’autres pays de la Communauté européenne, il est impensable que la France membre de la Communauté soit privée de ces inscriptions alors que le règlement communautaire le prévoit. Ou alors, la France a fait son Brexit et nous n’en serions pas informés ? », s’est-il insurgé.
L’administration française « coupe les cheveux en quatre »
Tout plaide pourtant pour l’homologation de ces cépages résistants (au mildiou, à l’oïdium, etc.) pour éviter de traiter chimiquement : la santé des vignerons, des riverains des exploitations viticoles et les attentes légitimes des consommateurs, et de plus, les chercheurs trouvent les solutions, a-t-il souligné. Cherchant une explication à cet avis, il a évoqué « des recherches alibi » et une administration française qui « coupe les cheveux en quatre ». « Tous les jours on nous parle d’harmonisation européenne des phytos, et maintenant qu’on a une solution par la génétique, on se retrouve à la traîne, derrière les Allemands, les Italiens et les Espagnols », s’est exclamé Vincent Pugibet, viticulteur languedocien et président de l’association Piwi France, pour la promotion des cépages résistants. Christelle Jacquemot, directrice de VinIGP, la confédération des vins IGP (d’indication géographique protégée) a expliqué ce mouvement d’humeur par les « attentes fortes et tout à fait légitimes de la filière de voir une mise en place rapide » de ces cépages résistants. « Il faut une reconnaissance rapide de ces cépages, car après, les vignerons doivent procéder à leurs commandes chez les pépiniéristes, puis planter des vignes qui ne produiront pas avant trois ans », a-t-elle précisé.
Interrogé par Agra, le président du conseil viticole de FranceAgriMer, Jérôme Despey, a annoncé que pour sa part il soumettra les 24 ou 25 cépages au vote du conseil le 19 octobre. Après les avis du CTPS et de FranceAgriMer, ce sera à Stéphane Le Foll de décider.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Il faut une reconnaissance rapide de ces cépages, car après,les vignes ne produiront pas avant trois ans »
Vin : 4 cépages résistants en classement définitif, 10 en temporaire, et 10 à examiner
La section « vigne » du CTPS, le Comité technique permanent de la sélection qui homologue les semences et les plants, a récapitulé, le 4 octobre dans un communiqué, les résultats de son examen des 24 dossiers de cépages résistants aux maladies (mildiou, oïdium, etc.), le 30 septembre : 4 cépages résistants en classement définitif, 10 en temporaire, plus 10 présentés par l’IGP des Pays d’Oc à examiner en décembre. Le classement définitif permet de planter dès maintenant de la vigne pour produire le vin et le commercialiser. Le classement temporaire autorise la plantation de 20 hectares par bassin viticole (la France en compte 10) et par variété, a précisé Jean-Pierre Van Ruyskensvelde, directeur général de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV). On précise au CTPS que la Fédération des grands vins de Bordeaux a présenté 14 dossiers : les 4 qui ont été proposés par le CTPS en classement définitif et 7 proposés en temporaire, plus 3 autres qui sont viables sur le plan scientifique mais posent un problème de dénomination qui n’est pas encore réglé.