L’organisme public FranceAgriMer constate de bonnes conditions de cultures en blés et en orge d’hiver en France. Attention toutefois aux conséquences des pluies et inondations observées récemment.
Dans son bulletin hebdomadaire Céré’Obs publié le 13 février, FranceAgriMer (FAM) estime que les cultures de céréales d’hiver françaises se développent globalement dans de bonnes conditions. Ajoutons à cela des semis d’orge de printemps en avance par rapport à d’habitude. Bien entendu, il s’agit d’une photo provisoire de la situation nationale, sachant que certaines régions souffrent des récentes intempéries.
Lors de la semaine s’étalant du 3 au 9 février, 91 % des blés tendres d’hiver croissent dans des conditions bonnes à très bonnes d’après FAM, contre seulement 73 % l’an dernier à pareille époque. Le stade épi 1 cm est même atteint dans 1 % des cas, contre 0 % en 2025 et en moyenne lors des cinq dernières années. Le stade début de tallage est atteint dans 92 % des cas, contre 79 % l’an passé, et 87 % en moyenne sur 2021-2025. Cela témoigne d’une certaine avance dans le développement des plantes. En orge d’hiver, le taux de cultures se développant dans des conditions bonnes à très bonnes atteint 88 %, contre 68 % en 2025. En blé dur, il s’élève à 87 %, contre 84 % l’an dernier sur la même période. Enfin, les semis d’orge de printemps sont faits à 30 %, contre 18 % l’an dernier à la même époque, et 23 % en moyenne lors des cinq dernières années.
Excès d’eau dans plusieurs secteurs
Mais ces bons chiffres masquent des réalités moins reluisantes dans certaines localités, notamment en Vendée. Les pluies survenues ces dernières semaines ont déclenché quelques sueurs froides. « Depuis le 10 janvier, il est tombé plus de 350 mm de pluie, soit le tiers des volumes annuels, constate Jean-Luc Lespinas, responsable du service agronomie de la Cavac. Bon nombre de parcelles non drainées sont aujourd’hui inondées. » Pour la coopérative vendéenne, le constat est amer d’autant que les implantations des céréales et du colza à l’automne se sont déroulées précocement, dans d’excellentes conditions, avec des surfaces en hausse. « Le potentiel était là, confirme-t-il. Les colzas n’aiment pas avoir les pieds dans l’eau. […] Des retournements vont sûrement avoir lieu avec davantage de semis de tournesol au printemps. » Pour les blés, peu de retournements sont à prévoir, mais la situation s’avère aussi délicate. « Le potentiel est déjà amputé […] On va perdre en nombre de talles. »
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D’autres pluies sont attendues dans les prochains jours, sachant que d’autres parcelles, spécialement dans le Sud-Ouest, sont inondées du fait de la tempête Nils. Dans un communiqué du 18 février, la FNEDT (entreprises de travaux agricoles) prévient d’ailleurs que les travaux de semis sont déjà perturbés, et que d’autres le seront.
Plus de 350 mm tombées depuis le 10 janvier dans le secteur d’activité de la Cavac.
KC, Anne Gilet