Le ministère de l’Agriculture a livré ses premières estimations de surfaces pour les céréales d’hiver, marquées par un recul, en raison notamment des fortes pluies de ces derniers mois.
Pointant les très fortes précipitations des dernières semaines, le chef d’unité grains et sucre de FranceAgriMer, Marc Zribi, a souligné, lors d’un point presse le 13 décembre, la nécessité de « surveiller » les conditions des semis d’hiver en blé. En France, notamment, « des excès de pluie ont entraîné des retards dans les semis », constate Clémence Lenoir, chargée d’études économiques grandes cultures. « Les surfaces déjà semées ont souffert d’humidité, et le potentiel sera pénalisé pour les surfaces semées dans des conditions limites », ajoute Benoît Piètrement, président du conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer, qui se dit pour l’heure « pessimiste en matière de surfaces ». M. Piètrement observe par ailleurs des transferts de production vers des cultures de printemps, comme l’orge de printemps. Pour l’heure, les surfaces de céréales d’hiver sont estimées à 6,4 millions d’hectares (Mha), diminuant de 5,1 % par rapport à 2023, et de 3,5 % par rapport à la moyenne 2019-2023, rapporte le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste) dans une note de conjoncture parue le 12 décembre.
Blé dur dans le dur
Toutes les céréales d’hiver sont concernées par cette baisse, et plus particulièrement le blé dur. Dans le détail, les surfaces de blé dur, estimées à 205 000 ha, diminueraient de 10,5 % par rapport à 2023, et de 15,7 % par rapport à la moyenne 2019-2023. Des chiffres à prendre avec précaution : « Les pluies abondantes, observées depuis la mi-octobre sur l’ensemble du territoire, empêchent les interventions dans les champs et pourraient conduire à des reports de semis au printemps. » Côté blé tendre d’hiver, les surfaces enregistreraient une baisse de 5,1 % par rapport à 2023, et de 4,7 % par rapport à la moyenne 2019-2023, pour s’établir à 4,49 Mha. À l’exception de l’année 2020, où elles avaient chuté à 4,23 Mha, les surfaces de blé tendre « pourraient être les plus faibles depuis 2003 ». Selon le service statistique, cette diminution des surfaces affecte la plupart des régions, très marquées en Pays-de-la-Loire et Midi-Pyrénées.
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Estimées à 1,31 Mha, les surfaces d’orge d’hiver enregistrent une baisse de 4 % par rapport à 2022 mais une hausse de 3,1 % par rapport à la moyenne 2019-2023. En Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Pays de la Loire, elles diminueraient de plus de 10 % par rapport à 2023, mais seraient quasi stables en Centre-Val de Loire et Grand-Est. Enfin, les surfaces cultivées en triticale connaissent une baisse de 5,7 % par rapport à 2023, de même que celles d’avoine d’hiver (- 4 %) et celles de seigle (-4,3 %). L’observatoire Céré’Obs souligne sur la possibilité d’un « rattrapage » des surfaces. « Nous espérons un hiver et un printemps qui permettront de compenser la situation actuelle », confie M. Piètrement.