Pour faciliter les exportations de céréales ukrainiennes vers les marchés mondiaux, la Russie et la Turquie se sont mises d’accord le 8 juin, pour garantir la sécurité des navires en mer Noire. Mais le président russe Vladimir Poutine pose ses conditions pour cette opération, notamment le déminage des ports ukrainiens, en particulier celui d’Odessa. La partie ukrainienne refuse ce chantage.
Dans le cadre de l’instauration de corridors sécurisés pour faciliter les exportations de céréales en mer Noire (20 Mt de céréales sont bloquées dans les ports ukrainiens en raison de la guerre), le ministre des Affaires étrangères russe Serguei Lavrov a indiqué le 8 juin, à l’issue d’une entrevue avec son homologue turc Mevlut Cavusoglu à Ankara, que la Russie « était prête à garantir la sécurité des navires qui quittent les ports ukrainiens » avec la coopération de la Turquie. Suite à une demande de l’Onu, Ankara avait proposé son aide pour escorter ces convois depuis les ports ukrainiens, malgré la présence de mines en raison de la guerre en Ukraine. Pour M. Cavusoglu, « le plan de l’Onu est raisonnable et réalisable […] l’Ukraine et la Russie devraient l’accepter ».
Les conditions de Vladimir Poutine
Le président russe Vladimir a indiqué quelques jours plus tôt, le 3 juin, à l’occasion d’une rencontre avec le président en exercice de l’Union africaine, Macky Sall (qui s’inquiétait de l’impact en Afrique d’une crise alimentaire provoquée par la guerre en Ukraine), qu’« il n’y avait pas de problème pour exporter les céréales d’Ukraine ». Il a assuré que « la Russie permettrait un passage sécurisé des navires à condition de déminer les ports ukrainiens ». À cette occasion, il a évoqué plusieurs solutions pour les acheminer vers les marchés mondiaux (en particulier vers des pays tels que la Syrie, les pays de la Corne de l’Afrique, le Yemen) notamment la possibilité d’exporter via les ports ukrainiens de Marioupol et Berdiansk, situés sur la mer d’Azov ou encore via les ports de la mer Noire sous contrôle ukrainien, comme celui d’Odessa.
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De son côté, Kiev a indiqué qu’elle refusait de déminer le port d’Odessa afin de permettre la reprise de ses exportations de céréales, craignant que les forces russes n’en profitent pour attaquer la ville, selon le porte-parole de l’administration de la région d’Odessa Serguiï Bratchou. À défaut de solution, l’Ukraine pourrait avoir d’ici à cet automne, « 70 à 75 Mt de céréales bloquées » prévient son président Volodymyr Zelensky.
« Le plus simple, le plus facile et le moins cher, selon le président russe, serait d’exporter via le territoire de la Biélorussie, de là on peut aller vers les ports de la Baltique, et ensuite n’importe quel endroit dans le monde ». Toutefois, Vladimir Poutine a indiqué que cette dernière alternative sera conditionnée par une « levée des sanctions occidentales » contre Minsk, allié du pouvoir russe.