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Céréales : nette correction à la baisse des prévisions d’export 

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La France a des atouts à faire valoir à l’export, surtout en blé tendre, de très bonne qualité cette année. Mais les défis seront nombreux à relever, justifiant la prudence de FranceAgriMer (FAM) dans ses prévisions. La logistique en mer Noire sera décisive.

Lors d’une visioconférence de presse tenue le 16 septembre suivant son conseil spécialisé grandes cultures, FranceAgriMer (FAM) a sensiblement corrigé à la baisse ses prévisions d’exportations vers les pays tiers de blé tendre et d’orge pour la campagne commerciale 2026/2027 par rapport à celles de juillet.

En blé tendre, elles sont désormais attendues à 6,3 Mt, contre 7 Mt précédemment, et contre 7,45 Mt l’an dernier. En orge, elles sont désormais attendues à 2,3 Mt, contre 2,6 Mt le mois antérieur et… 3,8 Mt l’an dernier. Les révisions baissières des collectes entre juillet et août, mais aussi entre 2025 et 2026, expliquent en partie ces prévisions, mais elles ne constituent pas la seule justification. La concurrence internationale pourrait s’intensifier lors de la seconde partie de campagne.

En maïs, FAM a livré ses premières prévisions pour 2026-2027. Pour des raisons évidentes de dégringolade de la production française, les expéditions vers les pays de l’UE, principaux clients de la France, chuteraient à 2,16 Mt, contre 5,2 Mt l’an dernier. Ces chiffres restent très provisoires, la campagne commerciale ne faisant que débuter. 

Des taux de protéine élevés dans les blés français

Cette correction à la baisse des prévisions d’exports de céréales à pailles n’empêche pas la France d’avoir des atouts cette année.

À commencer par la bonne qualité des blés hexagonaux. Selon une enquête qualité élaborée avec Arvalis, 53 % des lots analysés sont qualifiés de 'Premium', d’après la grille qualité à l’export établie par Intercéréales. Elle se traduit par des taux de protéine élevés, à 11,8 % en moyenne, contre 11,3 % l’an dernier, ainsi que par de bons poids spécifiques, à 79,3 kg/hl en moyenne, contre 78,6 kg/hl l’an dernier. L’intégralité des blés analysés présente des temps de chute de Hagberg dépassant les 250 secondes. Enfin, la note totale de panification s’élève à 258/300 en moyenne, sachant qu’une note qualifiée de bonne commence à 250/300.

Ajoutons à cela les difficultés logistiques sur la mer Noire. Des pays traditionnellement dépendants des grains russes et ukrainiens se tournent vers l’Hexagone. « C’est par exemple le cas de l’Égypte », qui a déjà fait l’acquisition de blé français, précise Jean Jacquez, chargé d’études économiques de l’unité grains et sucre de FAM. Le constat est semblable en orge. La Chine aurait également fait quelques achats de lots hexagonaux, tout comme l’Arabie saoudite, précise Thibaut Champagnol, chef de l’unité grains et sucre de FAM. Pour ces raisons, les chiffres d’export national vers les pays tiers en blé tendre et en orge pourraient être revus à la hausse dans les prochains mois, surtout si la logistique en mer Noire ne s’améliore pas.

Mais rien n’est gagné, et l’inverse pourrait aussi survenir. Lors de cette première partie de campagne, les exportations françaises de blé tendre subissent la forte concurrence Roumaine. « La Roumanie surperforme actuellement. Si elle poursuit sur ce rythme, elle pourrait terminer sa campagne d’exportation dès le mois de décembre », pointe Jean Jacquez. Et la seconde partie de campagne (allant de janvier à juin) ne s’annonce pas forcément de tout repos. Si la logistique en mer Noire venait à s’améliorer, la Russie et l’Ukraine disposeront d’importants stocks à écouler, concurrençant frontalement les lots hexagonaux. De plus, la Chine pourrait se tourner vers l’orge australienne, dont la récolte est attendue comme abondante, et sera disponible à partir d’octobre prochain, soulève Jean Jacquez.

Le blé et l’orge redirigés vers la nutrition animale

Malgré la révision mensuelle à la baisse des exportations, les stocks prévisionnels de fin de campagne ont eux aussi été significativement réduits en blé tendre et en orge, passant respectivement de 3,6 Mt à 3 Mt, et de 1,9 Mt à 1,58 Mt. Si le repli des prévisions de collecte est une première justification, la principale réside dans le fait que l’organisme public s’attend à ce que l’industrie de la nutrition animale compense la faiblesse des exportations françaises, face à la chute de la production nationale de maïs. Ce qui fait dire à Thibaut Champagnol que ces chiffres de stocks auraient davantage tendance à « être revus à la baisse dans les prochains mois ».

La consommation 2026-2027 des fabricants d’aliments pour animaux s’élèverait ainsi à 5,2 Mt en blé tendre, contre 5 Mt en juillet, et 4,7 Mt l’an dernier. En orge, elle est désormais attendue à 1,35 Mt, contre 1,2 Mt le mois précédent, et 1,067 Mt l’an passé. En maïs, elle chuterait naturellement à 1,95 Mt, contre 2,76 Mt l’an passé. « La Coopération agricole nutrition animale et le Snia (syndicat de l’industrie de l’alimentation animale) nous ont indiqué que l’on pouvait remplacer 30-40 % du maïs par des céréales à pailles (blé, orge) en formulation », a précisé Thibaut Champagnol.

La Roumanie : une concurrente particulièrement redoutable en ce début de campagne 

KC