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Céréales : Ukraine, Russie, Turquie et ONU sur la voie d’un accord

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Alors qu’un accord est espéré par la Turquie, la Russie et l’Ukraine et l’ONU pour faire sortir les céréales des ports de la mer Noire dans le contexte de la guerre en Ukraine, Ankara a souligné l’importance dans un premier temps de régler la question des exportations des céréales russes, point de blocage majeur des négociations.

« Nous avons un mémorandum que nous espérons voir transformé en un texte écrit cette semaine et espérons que le plan (négocié sous l’égide des Nations unies entre l’Ukraine, la Russie et la Turquie pour instaurer des corridors sécurisés en vue de faire sortir les 20 Mt de céréales bloquées dans les ports de la mer Noire en raison de la guerre en Ukraine, NDLR) commencera à être mis en œuvre dans les prochains jours, depuis un centre de coordination à Istanbul », a déclaré le 20 juillet le président turc Recep Tayyip Erdogan, suite à sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine à Téhéran (Iran). Tout en saluant ces avancées, Vladimir Poutine a toutefois appelé à lever les restrictions occidentales sur les céréales russes pour obtenir des avancées dans l’exportation de la production agricole ukrainienne.

Lire aussi : « Céréales : discussions en Turquie avec la Russie, l’Ukraine et l’ONU »

Sur ce point, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a indiqué le 21 juillet que « même si les produits (agricoles) russes ne sont pas concernés par les sanctions, il y a des blocages concernant le transport maritime, les assurances et le système bancaire. Les États-Unis et l’UE ont fait des promesses pour les lever ». Une promesse qui n’a pas tardé puisque le même jour le Conseil de l’UE a décidé à l’occasion du lancement de son nouveau paquet de sanctions (visant à interdire d’acheter et d’importer de l’or russe), d’étendre en vue de garantir la sécurité alimentaire et énergétique à l’échelle du globe, l’exemption de l’interdiction d’effectuer des transactions avec certaines entités publiques concernant les transactions de produits agricoles et le transport de pétrole vers des pays tiers. À cette fin, l’UE a précisé qu'« aucune des mesures adoptées aujourd’hui ou précédemment ne vise le commerce des produits agricoles et alimentaires, y compris le blé et les engrais, entre les pays tiers et la Russie ». Cette mesure pourrait débloquer les négociations initialement prévues le 21 juillet mais qui avaient dû être reportées en raison de cette question des exportations agricoles russes.

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Importance des « Voies de solidarité »

En attendant la mise en place du plan onusien, le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski a assuré devant les ministres de l’Agriculture de l’UE lors du Conseil agricole du 18 juillet, que « les Voies de solidarité resteront importantes, non seulement pour le transport des tonnes restantes de céréales ukrainiennes, mais aussi, plus généralement, pour l’établissement de nouvelles routes logistiques entre l’UE et l’Ukraine, à l’appui de notre connectivité et de nos échanges bilatéraux ». À cette occasion, il a rappelé que « la quantité de céréales exportées a augmenté à 1,4 Mt en juin, dont la plus grande partie est du maïs (de 1 à 1,2 Mt), et en incluant les oléagineux et les sous-produits, les exportations ont atteint 2,5 Mt pour ce mois. Sur ce total, les exportations de blé sont encore très limitées, représentant environ 140 000 t ».