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Céréales ukrainiennes : cinq pays de l’UE appellent à freiner les importations

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Alors que leurs agriculteurs sont affectés par l’afflux de céréales ukrainiennes dans le contexte de la guerre en Ukraine, la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie et la Hongrie ont appelé l’UE à contenir ces importations en réinstaurant des droits et des contingents tarifaires ou encore en modernisant les infrastructures liées aux Voies de solidarité. La Commission européenne ne semble pas disposée à répondre à ces demandes. À défaut, elle prépare un second paquet d’aide, issue de la réserve agricole.

Malgré le déblocage de 56,3 M€ de la réserve agricole, la Pologne, la Bulgarie et la Roumanie accompagnées de la Slovaquie et de la Hongrie ont appelé dans une lettre adressée le 31 mars à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à limiter les importations ukrainiennes en réintroduisant dans le cadre de l’accord d’association UE/Ukraine des droits et des contingents tarifaires. Cette demande ayant très peu de chances d’aboutir, la Commission européenne ayant déjà proposé de renouveler pour un an la suspension des droits de douane sur les importations ukrainiennes, le ministre polonais de l’Agriculture a décidé le 5 avril, de démissionner de son poste. Les pays suggèrent aussi d’engager si besoin des procédures antidumping pour mettre fin rapidement à certaines pratiques déloyales. En parallèle, ils demandent à Bruxelles de mobiliser des sources de financement supplémentaires pour compenser les agriculteurs locaux affectés, dans le contexte de la guerre en Ukraine, par l’afflux de céréales et d’oléagineux ukrainiens. Bruxelles est d’ailleurs en train de préparer une nouvelle proposition pour soutenir davantage les pays de l’UE limitrophes à l’Ukraine avec une enveloppe plus conséquente que la première.

Appelés par la Commission à se prononcer sur cette mesure, les experts agricoles des États membres, réunis en comité spécial Agriculture, ont toutefois insisté le 3 avril sur la nécessité de justifier toute décision de financement supplémentaire sur la base de critères transparents et objectifs et ont rappelé les ressources limitées de la réserve agricole dont 100 M€ (sur les initiaux) ont déjà été consommés. Par exemple l’Espagne et la France qui espèrent obtenir des fonds pour leur secteur viticole notamment (mais aussi pour la France le secteur de la betterave sucrière affecté par l’interdiction inattendue des néonicotinoïdes) se sont inquiétées du fait qu’il n’y aura pas assez d’argent dans la réserve pour soutenir d’autres secteurs.

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Développement des Voies de solidarité

Par ailleurs, les pays signataires de la lettre ont réitéré leur appel au soutien financier de l’UE pour accélérer, dans le cadre des Voies de solidarité, le développement des infrastructures de transport et renforcer la connectivité afin de s’assurer que les céréales ukrainiennes ne fassent que transiter pour ensuite être expédiées vers les pays tiers (Afrique du Nord, Moyen-Orient, Asie). Ils demandent également à la Commission de proposer une solution européenne qui, en coopération avec le Programme alimentaire mondial, garantirait l’achat des céréales ukrainiennes afin qu’elles ne se retrouvent pas dans les États membres de l’UE.