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Céréales ukrainiennes : coup de frein sur les importations avant un nouveau paquet d’aides

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En raison de la colère des agriculteurs polonais, Varsovie et Kiev ont trouvé un accord pour suspendre en partie les importations de produits agricoles ukrainiens bon marché. Très affectés également, les agriculteurs roumains appellent l’UE à réintroduire des droits de douane. La Pologne a ainsi invité les organisations agricoles des pays voisins de l’Ukraine à adopter une position commune. Pour l’instant, Bruxelles prévoit de mettre sur la table de nouvelles mesures de soutien.

En raison de l’afflux des céréales et des oléagineux ukrainiens qui perturbent le marché national polonais en tirant les prix vers le bas, Varsovie et Kiev ont convenu le 7 avril, de suspendre en partie ces exportations vers la Pologne jusqu’à la nouvelle saison. En revanche, le transit des céréales vers les pays tiers est maintenu. Un accord bilatéral devait être signé le 14 avril. « Cela concernera le blé, le maïs, le colza et les graines de tournesol », a indiqué le nouveau ministre polonais de l’Agriculture, Robert Telus. Deux jours avant, son prédécesseur Henryk Kowalczyk a été forcé de démissionner en raison de la colère grandissante des agriculteurs polonais qui ont fustigé la proposition de la Commission de renouveler jusqu’en 2024 la suspension des droits sur les importations ukrainiennes.

Une initiative qui a également entraîné la grogne de leurs collègues roumains qui ont manifesté par milliers le 7 avril dans tout le pays à l’appel de quatre organisations agricoles nationales (Pro Agro, LAPAR, UNCSV et APPR Forum) pour dénoncer la concurrence jugée déloyale des importations massives de produits agricoles ukrainiens (céréales mais aussi volailles ou œufs). Venus pour beaucoup en tracteur, les agriculteurs roumains ont notamment protesté devant la représentation de la Commission européenne à Bucarest et le port de Constanta, principal site où arrivent les céréales importées d’Ukraine. « Nous avons respecté les règles de l’UE, mais l’UE n’a pas tenu compte de nos besoins », déplorent-ils. La Commission européenne vient de débloquer un paquet d’aide de 56,3 M€ de la réserve agricole pour soutenir les agriculteurs de Pologne, Bulgarie et Roumanie. Insuffisant, estiment les producteurs roumains.

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Pression sur la Commission

Dans ce contexte, le ministre de l’Agriculture polonais a appelé les organisations agricoles des cinq pays limitrophes de l’Ukraine (Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Slovaquie, Pologne) à adopter une position commune afin que la Commission européenne puisse revenir sur sa proposition de suspendre les droits de douane sur les importations des produits agricoles ukrainiens. Les autorités politiques de ces pays avaient déjà porté cette demande dans une lettre adressée le 31 mars à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Robert Telus a annoncé qu’il organiserait une réunion avec les représentants de ces organisations en présence du commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis. « Outre la réintroduction des droits de douane, l’objectif est aussi de répartir les produits importés d’Ukraine de manière homogène dans l’UE », a-t-il indiqué.

En attendant, Bruxelles prépare un second paquet d’aides (d’un montant encore supérieur) qui devrait profiter à plus de pays de l’UE que le premier (à la Hongrie et la Slovaquie notamment) et devrait être soumis au vote des experts des États membres début mai.