L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture a présenté son « projet présidentiel » : 31 propositions adressées aux candidats aux élections présidentielle et législatives pour orienter les décisions politiques des futurs gouvernants, en faveur d’une agriculture résiliente.
« Nous irons au-devant des candidats aux élections présidentielle et législatives afin de leur présenter les mutations envisagées par les chambres, pour l’agriculture et plus largement pour la ruralité », a expliqué Claude Cochonneau, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), le 22 février, à l’occasion de la présentation du « projet présidentiel » des chambres d’agriculture. D’abord, pendant le Salon de l’agriculture, puis au cours de potentiels rendez-vous futurs , avec les candidats et/ou leurs équipes agricoles. À travers 31 propositions, articulées autour de deux axes – « la réussite des exploitations agricoles » et « la réussite des acteurs économiques dans les territoires ruraux » –, l’APCA souhaite apporter le regard de la ruralité à « des candidats qui ont tous une vision un peu urbaine de l’agriculture », selon les mots de Claude Cochonneau.
Des leviers économiques
Objectif premier : « faire réussir les exploitations agricoles ». Sur ce volet, l’APCA prône « l’accompagnement, de chaque entreprise agricole vers des systèmes résilients ». Pour ce faire, elle présente des propositions assez « traditionnelles », en accord avec les revendications de la FNSEA : développement « des outils de mutualisation du risque économique pour faire face à la volatilité des prix », encouragement à l’épargne par des leviers fiscaux, valorisation des services rendus à l’environnement, soutiens à l’investissement, simplification de la réglementation ou encore allégement des charges sociales et fiscales. « Ces propositions ne sont pas nouvelles, reconnaît Claude Cochonneau, mais la profession est obligée de les répéter pour qu’elles entrent dans les programmes des candidats ».
Une politique territoriale
L’APCA, qui rappelle que les agriculteurs font partie des acteurs principaux des zones rurales, a également son mot à dire quant à « la réussite des acteurs économiques dans les territoires ruraux ». « On insiste sur la ruralité car le mal-être des agriculteurs n’est pas uniquement dû aux problèmes économiques », explique Claude Cochonneau, qui estime que le « clivage rural/urbain » est également en cause. Ainsi, l’APCA plaide pour « des politiques publiques cohérentes et ambitieuses entre les différents échelons administratifs », du niveau local, au niveau européen. Elle souhaite « conforter les territoires à handicaps naturels », mettre en œuvre « une politique européenne périurbaine », « renforcer les soutiens […] aux projets territoriaux ». Elle demande des règles commerciales plus protectrices pour les agriculteurs et espère que les freins juridiques à l’ancrage territorial de l’alimentation seront levés.
Pas de préférence de candidat affichée
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Lorsqu’on lui demande s’il a une préférence pour un candidat à l’élection présidentielle, Claude Cochonneau botte en touche. « On n’a pas encore bien saisi le contenu du programme agricole de certains candidats ! », sourit-il. Cependant, président de l’APCA depuis le mois de novembre, Claude Cochonneau porte un projet dans la droite lignée de son prédécesseur, Guy Vasseur. Celui-là même qui a participé à l’élaboration du programme agricole du candidat Fillon. A noter que, le lendemain, Yves d’Amecourt, conseiller régional dans le Sud-Ouest et soutien du candidat Les Républicains, se référait, lors d’un colloque sur « l’agriculture dans la campagne présidentielle » à la conférence de presse de l'APCA. « Je vous renvoie à la conférence de presse d’hier de Claude Cochonneau », a-t-il lancé en évoquant l’approvisionnement local de l’alimentation.
Les candidats « ont tous une vision un peu urbaine de l’agriculture », estime Claude Cochonneau
Stéphane Le Foll : un bilan décevant
« À son corps défendant, il est très mal tombé », avec les crises sanitaires, climatiques et économiques, reconnaît Claude Cochonneau lorsqu’on lui demande son avis sur l’action de Stéphane Le Foll. « Il faut être un peu solide pour tenir à ce poste pendant 5 ans. Ça, c’est le positif », lâche-t-il cinglant. La déception est grande, car les attentes l’étaient tout autant. En tant que député européen, Stéphane Le Foll avait convaincu les agriculteurs. « On voyait son arrivée d’un bon œil », reconnaît Claude Cochonneau. Mais une fois nommé au ministère, « Stéphane Le Foll n’a pas pu mener sa politique ; la majorité autour de lui ne l’a pas aidé ». Et dès lors qu’il est devenu porte-parole du gouvernement, il y a eu « de gros problèmes d’agenda »,déplore le président de l’APCA. Pascal Ferey, secrétaire adjoint de l’APCA retiendra quant à lui « le naufrage informatique de la Pac. Ça a été le Titanic ! ».
Coop de France fait part de ses revendications aux candidats à la présidentielle
Coop de France interpelle les candidats à l’élection présidentielle, à travers une vidéo et un programme écrit intitulé « Comment ouvrir les champs du possible ? », envoyés à la presse le 17 février. Coop de France y reprend les « sujets économiques et sociaux » qu’elle estime « prioritaires ». La compétitivité, qui repose notamment sur l’allégement des charges, le soutien à l’assurance et la stabilité des réglementations. La création et la répartition de la valeur qui nécessite une révision « en profondeur » de la LME. Une stratégie publique pensée « du local au global », à travers un soutien aux TPE-PME, la mise en place d’outils au niveau européen pour « affronter » la volatilité des prix, et « une stratégie de diplomatie économique » au niveau international. Coop de France compte par ailleurs rencontrer les candidats à l’élection lors du Salon de l’agriculture et fixer des « rendez-vous approfondis avec chacun d’entre eux ».