91 % des vignerons indépendants mettent déjà en pratique des méthodes de travail de la vigne qui atténuent l’impact du réchauffement climatique. Tel est le constat de leur confédération, révélé le 29 novembre à l’ouverture du Salon des vignerons indépendants à Paris. Ces pratiques se rapprochent de l’agroécologie.
Le secteur viticole, tout comme le secteur agricole, est une des premières victimes du changement climatique. Non seulement il est conscient de la nécessité de s’y adapter, mais il le fait déjà, à travers ses pratiques. 91 % des vignerons indépendants mettent déjà en pratique des méthodes de travail de la vigne comme l’agroforesterie, la mise en place de couverts végétaux sur les sols, la réduction de l’effeuillage, la modification de la taille et la plantation d’arbres et de haies. Ces pratiques naturelles permettent de sauvegarder la biodiversité en maintenant un niveau d’humidité dans les sols. On voit ainsi les pratiques d’adaptation au changement climatique rejoindre l’objectif de sauvegarde de la biodiversité. La biodiversité est un critère important de la HVE, pour laquelle la confédération des vignerons indépendants est moteur.
On laisse plus de végétation sur le sol et de feuilles sur les vignes
D’après une enquête auprès de ses membres, exposée le 29 novembre par Michel Issaly, ancien président de la confédération, et par Claudine Colon, chargée des études économiques, 52 % des vignerons indépendants ont déjà développé des couvertures végétales des sols et 25 % sont en réflexion. De même, 41 % ont réduit l’effeuillage et 19 % sont en réflexion sur ce sujet. À ce propos, 99 % des vignerons du réseau constatent que les périodes de sécheresse estivale sont de plus en plus précoces et sur des épisodes de plus en plus longs, et parmi eux, 66 % jugent le phénomène « régulier, voire systématique », a précisé Claudine Colon.
Le chantier de ce qui reste à faire « est colossal », ont résumé Michel Issaly et Claudine Colon. Les vignerons auront davantage de travail à faire à la cave pour corriger une tendance au déséquilibre aromatique des vins, qui ont notamment plus de sucre et moins d’acidité. La modification du profil aromatique des vins est telle qu’une quinzaine d’installations viticoles sont en cours en Bretagne dont l’ensoleillement permet maintenant d’y produire des vins de qualité. Le réchauffement peut être une opportunité. S’implanter dans des régions nouvelles est aussi une façon de s'adapter.
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Les vignerons indépendants sont à l’origine de l’Association nationale pour le développement de la certification HVE, créée le 1er mars au Salon, en présence de Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique. Le réseau des vignerons indépendants s’est engagé dans le dispositif de la HVE en faisant valider l’équivalence au niveau 2 de la HVE sa démarche « qualité-environnement » Qualenvi dès le mois de mai 2012.
La modification du profil aromatique des vins est telle qu’une quinzaine d’installations viticoles sont en cours en Bretagne
HVE : pour un crédit d’impôt comme dans le bio
La confédération des vignerons indépendants croit à la capacité de la certification HVE d’emmener le grand nombre des exploitations viticoles à l’agroécologie. « Les vignerons bio représentent 27 % de nos 7 000 adhérents. Mais nous pensons que nous n’arriverons pas à 50 %. Nous misons beaucoup sur la HVE parce qu’elle permet aux exploitants d’adhérer massivement aux démarches environnementales », a indiqué Jean-Jacques Jarjanette, directeur de la confédération. « Sur mille exploitations certifiées HVE en France, déjà 70 % sont viticoles et parmi ces dernières 80 % sont des exploitations de vignerons indépendants », a-t-il poursuivi. La confédération des vignerons indépendants veut poursuivre la généralisation de la conversion aux pratiques environnementales. « Nous avons besoin que la HVE soit davantage encouragée. Il faut des accompagnements, analogues au crédit d’impôt comme dans le bio », a proposé Jean-Marie Fabre, vice-président de la confédération. Pour l’heure, plus de 12 000 exploitations (tous secteurs agricoles confondus) respectent les critères environnementaux du niveau 2 de la HVE (la certification est obtenue quand le niveau 3 a été atteint).