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Changer la formule

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C’est indéniable : ce n’est pas l’enthousiasme qui caractérise les organisations agricoles au vu de la loi d’Avenir agricole de Stéphane Le Foll. A force de viser large, depuis la combinaison entre économie et écologie, jusqu’aux questions foncières, d’installation, de médiation commerciale, d’usage des phytos et des antibiotiques, etc., cette loi est un peu courte sur chacun de ces sujets. Certes, c’est aux acteurs de bâtir eux-mêmes ce qu’ils entendent faire des GIEE (Groupement d’intérêt écologique et économique), se défend par exemple Stéphane Le Foll. Mais un peu plus de précisions n’aurait pas fait de mal à la cause chérie du ministre. Qui trop embrasse mal étreint, dit le proverbe. C’est un peu le cas de ce projet.
Mais au fond, peut-être l’exercice habituel d’une loi d’orientation agricole, quasiment une par ministre de l’agriculture, n’est peut-être plus la solution. Compte tenu de la diversité et de la complexité des sujets, une seule loi jetant les bases d’évolutions tous azimuts ne semble plus la bonne formule. On attend un prochain ministre ayant l’ironie courageuse d’affirmer: « je vous promet, pas de loi d’orientation avec moi ! ».
Mieux vaudrait sans doute sélectionner la demi-douzaine de dossiers les plus importants et prévoir, pour chacun, un appareil juridique qui passe, ou non, par une loi, des décrets, arrêtés, etc. Traiter d’un côté et pendant un temps l’environnement, puis le foncier, l’installation... Tout au moins dans la mesure où les problèmes peuvent être séparés les uns les autres.
Bien sûr, ce serait moins « marquer le coup » qu’une grande et belle loi qui porte le nom du ministre du moment. Mais le message serait, sur chaque sujet, plus clair. Les ministres doivent savoir que ce qui laissera des traces de leur passage, ce n’est pas telle ou telle loi, c’est une politique cohérente qui agit sur la réalité des choses.

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