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Chimie du végétal : 5 marchés moteurs et des gisements de valeur à venir

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L’Association chimie du végétal (ACDV) a identifié cinq marchés d’aval moteurs de la chimie biosourcée, a indiqué son président, François Monnet, le 22 mars lors d’une conférence de presse avant le Plant Based Summit (PBS - Sommet du biosourcé), qui se tiendra à Lille les 25 et 26 avril. Quant à l’approvisionnement du secteur en matières premières, il devrait s’étoffer avec la valorisation des coproduits.

À un mois du Sommet du biosourcé de Lille, l’ACDV, qui co-organise l’événement avec le groupe de presse Infopro, a fait le point sur cinq marchés moteurs, qui feront l’objet de focus au PBS 2017 de Lille. Ces marchés, ce sont la construction : avec des isolants de lin et chanvre, des peintures à base de liant végétal issues d’huiles végétales ou d’algues, des biosolvants extraits du bois ou d’acides gras. L’automobile : avec des fibres de lin et chanvre mélangées à des biopolymères pour alléger le poids des tableaux de bord et des renforts de portière, des pneus fabriqués à partir de dérivés de l’éthanol. La cosmétique : l’objectif est surtout d'intégrer davantage de produits biosourcés pour un meilleur équilibre entre produits de synthèse et produits végétaux. La détergence : les industriels recherchent une biodégradabilité accrue et à élever la part de carbone renouvelable. Et l’emballage : remplacer par exemple le film en aluminium par une barrière biosourcée, ou un plastifiant par de la fécule de pommes de terre.

Vers une diversification des matières premières

La chimie du végétal est une industrie en plein développement. Née dans les années 1990 de visionnaires des céréales et des oléagineux comme Jacques de Bohan et Jean-Claude Sabin et de parlementaires comme Marcel Deneux, elle a été propulsée par la flambée des prix du pétrole dans les années 2005-2010. Depuis, un autre propulseur a pris le relais, celui de l'innovation, qui a su extraire les propriétés irremplaçables qu’apporte le végétal, a indiqué François Monnet. Mais d’autres développements sont à attendre, du fait de nouveaux gisements de matières premières à venir. C’est d’abord la production de la matière première « betterave », qui n’est plus bridée par les quotas, a indiqué Antoine Peeters, responsable des partenariats et relations extérieures du pôle de compétitivité Industrie et AgroRessources (IAR). Puis c’est la valorisation des coproduits des matières premières alimentaires (paille de céréales, résidus de la transformation des fruits et légumes) et de l’industrie du bois (lignine). Par la suite, ce seront de nouvelles cultures comme le miscanthus, a-t-il évoqué. La chimie du végétal et les biocarburants réunis n’utilisent que 1% de la SAU française, a rappelé l’ACDV.

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À terme, l’intégration des avantages économiques dans le prix

Pour le long terme, la filière de la chimie du végétal travaille à l’intégration dans le prix de revient des produits des « externalités positives ». Il s’agit de faire compter dans le prix les avantages économiques (caractère renouvelable), environnementaux (bilan carbone), et sociaux des produits biosourcés. Ce qui suppose une fiscalité adaptée, par exemple par une taxation des produits concurrents du biosourcé. François Monnet a souligné « qu’un des points forts de la chimie du végétal est sa forte valeur ajoutée ». Un emploi dans le secteur génère 400 000 € de chiffre d’affaires, contre 350 000 € dans l’industrie agroalimentaire, selon François Monnet. Cette filière est un assemblage peu commun d’agro-industriels, de chimistes et d’opérateurs de l’aval appliqués à l’augmentation de la part du renouvelable dans les plastiques, peintures, solvants, tensio-actifs, fibres, pneus, etc. Forts de cette diversité de leurs origines, les professionnels de cette filière se retrouvent tous les deux ans au Sommet du biosourcé, un carrefour « qui n’est pas un congrès de marketing, car nous ne sommes pas là pour vendre des produits », mais « un congrès de débats et de réflexion, pour apprendre », a tenu à préciser le président de l’ACDV.

« Un des points forts de la chimie du végétal est sa forte valeur ajoutée »