Comme les trois précédents, le plan quinquennal chinois 2016-2020 comprend un chapitre dédié à l’agriculture. Les autorités mettent l’accent sur le développement durable, comme pour l’ensemble de l’économie. Et abandonnent le dogme de l’autosuffisance pour privilégier le concept de sécurité alimentaire. Une stratégie qui passe aussi par l’augmentation de la taille moyenne des exploitations.
La modernisation de l’agriculture n’est pas un objectif nouveau en Chine. Mais le 13e plan quinquennal, formellement adopté en mars, confirme les inflexions prises ces dernières années face aux difficultés qui pèsent sur ce vaste chantier.
La taille des exploitations (moins de 1 ha en moyenne) reste l’un des plus grands défis pour moderniser le secteur. Afin d’accélérer la restructuration, le gouvernement travaille actuellement à la réforme du hukou (qui donne notamment accès à l’école pour les enfants), pour encourager les migrants à s’installer durablement en ville. Mais beaucoup préfèrent garder la jouissance de leur parcelle au pays pour garder une solution de repli. « Certaines villes ont déjà assoupli l’obtention du hukou, mais les migrants n’entrent pas pour autant dans le système, observe Marie-Hélène Schwoob, chercheuse à l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales). Le travail précaire freine les installations définitives en ville. » Depuis la fin des années 2000, les autorités encouragent aussi le développement de coopératives, auxquelles les paysans cèdent leur droit d’usufruit. « Ces derniers reçoivent alors une contrepartie financière mais n’ont pas de pouvoir de décision. Cela permet de mutualiser la mécanisation ou encore les semences, et certains deviennent même salariés », relève un observateur. Dernière voie possible, l’expansion de groupes intégrés de l’amont à l’aval (les entreprises à tête de dragon, dont Bright Food est un exemple connu), avec de grandes exploitations très productives.
Développement durable
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Parmi les nouvelles priorités du plan, la formation, indispensable à la professionnalisation et à l’adoption de pratiques plus durables, figure en bonne place. Par ailleurs, les mesures concernant la sécurité sanitaire, scrutée de près par les consommateurs, sont approfondies. « Le 13e plan envisage la sécurité sanitaire pour tous les maillons de production, notamment l’amont, constate Marie-Hélène Schwoob. Dans la lignée du plan sur l’agriculture durable de mai 2015, il s’agit de réguler l’utilisation de pesticides, de fertilisants, ou encore d’antibiotiques. »
Dernière grande nouveauté du plan, et non des moindres, la place accordée aux importations. Le maintien d’une sécurité alimentaire absolue remplace le terme d’autosuffisance, avec un recours possible aux exportations explicitement mentionné. « Globalement, les autorités veulent orienter les productions davantage dans le sens du marché, comme l’illustre la réforme du prix du maïs (1), et passer d’un modèle axé sur la quantité à un modèle plus qualitatif », souligne Lief Chang, analyste chez Rabobank. Décidées à améliorer la structure des importations, les autorités chinoises encouragent également les entreprises chinoises à exercer une influence à l’étranger et à développer leur courant d’affaires à l’international.
(1) Agra Presse n° 3540 du 4 avril 2015