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Semences fermières Cinq syndicats unis pour une reconnaissance « intégrale »

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Cinq syndicats, la Coordination nationale pour la défense des semences fermières (CNDSF), le Syndicat des trieurs de France, le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef), la Coordination rurale et la Confédération paysanne ont signé le 25 février lors du SIA à Paris une résolution « pour un accord de reconnaissance intégrale de la semence fermière ».

«La défense des semences fermières remonte au 4 juillet 1989, jour où le président de la FNSEA, Raymond Lacombe, celui du GNIS, Victor Desprez et le ministre Henri Nallet ont signé une déclaration pour interdire le triage à façon en France », a expliqué Sylvain Ducroquet, président de la CNDSF. Depuis, l’histoire de la semence fermière a été jalonné de nouvelles restrictions et de procès, son statut est devenu de plus en plus précaire, ont expliqué les syndicats.

« En 1991, la semence fermière est devenue une exception facultative ; en 1999, il y a eu des pressions sur les firmes de produits phytosanitaires pour qu’elles ne livrent plus d’insecticide à la ferme et en 2006, la loi sur l’obtention végétale a été renforcée », résume Sylvain Ducroquet.

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Les semenciers exclus du plan Ecophyto 2018

En 2008 enfin, deux événements ont fait réagir les syndicats. « Les semenciers industriels ont réussi à se soustraire au plan Ecophyto 2018 qui impose de réduire de 50% l’usage des pesticides », poursuit le président de le CNDSF.

Enfin, une loi sur les contrefaçons votée fin 2008 comporte deux articles concernant les obtentions végétales et n’exclut pas de son champ d’application les semences végétales, malgré la demande des agriculteurs. Les 200 000 agriculteurs en France qui utilisent les semences fermières sur 2,5 à 3 Mha (50% des surfaces cultivées en céréales selon la CNDSF) refusent d’être un jour poursuivis pour contrefaçon. Pour eux, l’utilisation des semences fermières est un droit ancestral inaliénable qu’ils veulent faire reconnaître comme tel sans discussion possible. La résolution qu’ils ont signé rappelle que les semences fermières font économiser environ 60 M€ par an aux agriculteurs, qu’elles permettent d’utiliser 60% d’insecticide en moins en moyenne et satisfont les besoins des agriculteurs bio, qu’elles ont permis de compléter l’offre de semences industrielles lors de pénuries ces dernières années et qu’elles préservent des variétés n’ayant pas accès au marché.Michel Barnier a demandé au CNDSF une synthèse sur le sujet qui devait lui être remise le même jour.