Des experts ont accusé l’agence de l’ONU pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) d’avoir omis une consommation moindre de viande parmi ses recommandations destinées à affronter la crise climatique, une mise en cause vivement rejetée le 19 mars auprès de l’AFP. Dans un article publié le 18 mars dans la revue scientifique Nature Food, des experts américains, néerlandais et brésiliens jugent que le rapport de la FAO sur les moyens d’éradiquer la faim dans le monde sans dépasser la hausse globale de température de 1,5°C fixée par les accords de Paris en 2015 « n’est pas à la hauteur ». Le rapport de la FAO, publié durant la COP de décembre à Dubaï, « omet des interventions clés au potentiel démontré pour améliorer des résultats en matières environnementale et sanitaire, et notamment la réduction de la production et la consommation de nourriture de source animale », affirment ces experts. Mais le responsable technique de ce rapport, David Laborde, voit dans ces critiques une « simplification majeure » du rapport, qui, selon lui, affirme que les régimes alimentaires « doivent absolument (changer) pour la santé de la planète et des êtres humains », tout en étant « explicite sur l’empreinte carbone » du bétail. Mais parmi les 120 actions recommandées par la FAO ne figure pas l’appel à produire ou manger moins de viande ou de produits laitiers, « négligeant ainsi les interventions les plus évidentes et urgentes pour réduire les émissions dues à la production alimentaire ». David Laborde réplique en refusant de « limiter les discussions au problème de la viande ».
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Dans une enquête publiée le 20 octobre, le quotidien britannique The Guardian avait rapporté les témoignages de plusieurs ex-cadres de la FAO ayant subi, depuis la parution du célèbre rapport Livestock’s Long Shadow en 2006, des pressions de leurs supérieurs pour taire les effets néfastes de l’élevage sur l’environnement, en particulier sur le climat.