La France doit « aller plus loin » dans ses objectifs climatiques en se fixant un objectif contraignant de neutralité carbone d’ici 2060, incluant les émissions liées à ses importations, a proposé Clément Beaune, Haut-commissariat au plan (HCSP) et ancien ministre, lors d’une présentation à la presse le 14 septembre. Il faut « prendre en compte une réalité plus large, c’est-à-dire ce qu’on émet en tant que producteurs sur notre territoire, mais ce qu’on émet comme émissions de gaz à effet de serre aussi en tant que consommateurs, en intégrant les importations », a résumé M. Beaune. Le pays s’est engagé à atteindre la neutralité carbone en 2050, mais cet objectif ne prend en compte que les émissions de gaz à effet de serre sur son territoire. Dans sa dernière feuille de route climatique (SNCB-3), la France se fixe pour la première fois une cible indicative concernant son « empreinte carbone », qui inclut notamment les émissions liées aux produits importés.
Pour être efficace, cet objectif devrait, selon Nicolas Riedinger, directeur du département Environnement de l’institution, être porté à l’échelle de l’Union européenne et être rendu contraignant. « Si cet objectif reste français, l’effet incitatif sera nécessairement limité », estime-t-il, soulignant son potentiel à l’échelle européenne, notamment vis-à-vis d’économies dépendantes du marché européen pour leurs débouchés, comme la Chine. L’adoption d’une telle cible pourrait engendrer un « double dividende, climatique et productif », en favorisant une production décarbonée et aussi les relocalisations industrielles. Elle pourrait toutefois renchérir « certains biens », reconnaît M. Riedinger, insistant sur la nécessité de « veiller à répartir de manière équitable les efforts ».
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JJ, avec l’AFP