Réunis à Paris, les négociateurs des 196 pays engagés dans des discussions pour limiter la hausse des températures mondiales à 2 °C devaient trouver un accord contraignant et ambitieux sur le climat le 11 décembre. Le texte final pourrait préciser que les questions de sécurité alimentaire sont prises en compte dans la fixation d’objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce qui permettrait de préserver la production agricole. Mais dans ce type de négociations « rien n’est conclu tant que tout n’est pas conclu ».
Après onze jours de négociations, Laurent Fabius, président de la COP21 (21e conférence des parties sur le changement climatique) et ministre français des affaires étrangères, a présenté, le 9 décembre, aux négociateurs des 196 pays réunis à Paris pour trouver un accord international sur le climat, une nouvelle version d’un compromis. Le document a été réduit en longueur, passant de 43 à 29 pages. Dans cette nouvelle version, la question de la sécurité alimentaire a été liée à celle de la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans un même article. « Ils ont lié l'objectif de sécurité alimentaire avec l'objectif de température », complète Maureen Joran, responsable climat pour CCFD Terre solidaire. Ce qui fait craindre à certains que l’argument de la sécurité alimentaire soit utilisé par les États pour revenir sur leurs engagements de réduction des émissions. Selon l'ONG, l'Arabie saoudite avait exprimé, en plénière le 9 décembre, des craintes sur la sécurité alimentaire de son pays si les objectifs de l'accord étaient trop contraignants. La partie de l'accord où figure la « sécurité alimentaire » n'était pas entre crochets à l'heure où nous mettions sous presse, le 10 décembre au soir (1). « Des progrès ont été réalisés, mais encore beaucoup de travail reste à faire », avait souligné Laurent Fabius, précisant que « rien n’était conclu tant que tout n’était pas conclu ». Les négociateurs avaient théoriquement jusqu’au 11 décembre à 18 heures pour trouver un terrain d’entente. D'ici là, l'autre consigne, tout du moins pour les négociateurs français « de tous les ministères », précisait-on rue de Varenne, est le silence-radio en dehors des négociations.
Le point le plus polémique du texte qui restait à régler concernait la question des financements, en particulier leur répartition (partage des efforts). Des fonds qui seraient notamment destinés à la réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts, et à la promotion de méthodes de gestion durable des forêts et des stocks de carbone dans les pays en développement.
Révision des engagements
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Le projet mis sur la table le 9 décembre prévoyait un objectif de limitation de la hausse des températures mondiales à 2 °C voire 1,5 °C (soit une réduction de 70 à 95 % des émissions mondiales d’ici 2050 par rapport à 2010). Mais les engagements pris à ce stade par les États ne devraient, selon les experts, limiter la hausse des températures qu’à 3 °C. La mise en place d’un mécanisme de révision des engagements tous les cinq ans semblait actée. Mais la date du premier rendez-vous n’était pas encore fixée.
Les émissions de CO2 devraient baisser en 2015, pour la première fois durant une période de croissance économique mondiale, selon une étude publiée dans la revue Nature Climate Change le 7 décembre. En effet, les émissions de CO2 se sont stabilisées en 2014 et devraient baisser légèrement – d’environ 0,6 % – en 2015 alors que l’économie mondiale a connu une croissance de 3,4 % en 2014 et qui devrait atteindre + 3,1 % en 2015. Ce recul serait en grande partie dû à la baisse de l’utilisation du charbon en Chine. Mais, avertissent les auteurs de l’étude, 2015 ne sera sans doute pas l’année pic, celle qui amorcerait un déclin à long terme.